vendredi 14 août 2020

Plan de relance régional : peut mieux faire !

mercredi 15 juillet 2020

Communiqué CGT - FSU

La pandémie COVID-19 a des conséquences sociales, économiques et environnementales qui bouleversent nos quotidiens. Elle creuse les inégalités sociales, économiques et environnementales. Elle met en évidence les effets des politiques d’austérité de ces dernières années, notamment dans le secteur de la santé.

La récession en cours a des répercussions considérables sur les économies de proximité, l’ensemble du salariat, les privés d’emploi, mais aussi les jeunes et les séniors les plus démunis exposé-es à de nouvelles pauvretés.

Devant le conseil économique social et environnemental régional (CESER), la présidente de région a présenté un plan de relance qui a vocation à soutenir l’emploi et une économie plus « verte ». Le volume des sommes engagées (332 M€) et les 145 mesures annoncées sont plus que perfectibles. Les précaires actuels et à venir, et les femmes en tout premier lieu, ne font pas l’objet d’une attention à la hauteur des enjeux. La formation professionnelle, avec les risques majeurs de saturation encourus, apparait plus comme un remède temporaire au chômage que comme un outil sérieux de rebond social.

Malgré l’annonce très positive d’un observatoire régional sur le changement climatique adapté aux pays de la Loire, le plan de relance comporte des aspects lacunaires sur un contrat écologique et des mesures environnementales indispensables que la situation impose désormais.

Bien qu’elle soit dans sa compétence économique, la région reste frileuse sur la conditionnalité des aides publiques qui seront versées pour maintenir l’emploi et soutenir la trésorerie des entreprises. Nous demandons que soient établis des critères d’évaluation mais aussi la mise en place d’une commission régionale d’évaluation et de contrôle des aides publiques. La Région ne peut engager l’argent public sans le regard des acteurs concernés : partenaires sociaux, puissances publiques, société civile organisée.

Depuis la montée en puissance des régions et les politiques financières européennes chaque crise fournit l’occasion aux exécutifs régionaux de demander une nouvelle étape de décentralisation.

La décentralisation en soi répond à un dogme politique ouvrant à la concurrence les territoires et les populations, exposant toujours plus les salariés et les solidarités. La question centrale n’est pas la décentralisation mais une autre politique fiscale et des ressources garanties pour la déclinaison des politiques publiques avec des services publics de proximité garantis sur l’ensemble du territoire.

La solidarité ne réside pas dans l’éclatement des politiques territoriales ou les dérégulations prônées par différents patronats, mais au contraire dans des garanties de progrès en matière de droits sociaux et temps de travail.

La crise sanitaire a une fois encore permis de vérifier la nécessité de services publics forts qui sont les seuls biens des populations les plus fragiles. Les premiers signes du gouvernement sur la reprise de la réforme des retraites, les insuffisances d’amélioration du service public de santé avec ses « héroïnes et héros » sous -payé-es ont de quoi inquiéter. Les régions ont leur part à prendre dans les transports et une série de politiques publiques accompagnant une autre agriculture, d’autres manières de produire et consommer, d’autres politiques énergétiques. La culture, la vie associative et l’éducation scolaire et tout au long de la vie sont aussi d’autres enjeux pour vivre mieux. La région - qui a des compétences partagées, avec l’Etat, les départements et le bloc communal - doit avoir une ambition qui marque encore trop le pas.

Sans cette ambition la fracturation sociale en cours ne pourra que s’aggraver. Au lieu de politiques successives d’exonérations fiscales, d’exonérations de cotisations sociales sur lesquelles sont assises les solidarités, il y a lieu à tous les échelons, y compris celui des régions, de concevoir une autre politique de répartition des richesses.

Pour la CGT et la FSU cela passe par mettre à contribution les revenus du capital en les investissant massivement dans les salaires, les pensions, la protection sociale, la recherche et l’innovation « verte ».















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