Culture, les services de l’État entre menace d’OPA des Régions et prisme sécuritaire du préfet d’Harcourt

mardi 26 novembre 2019

La fin des services déconcentrés de la culture n’a jamais été aussi proche

De plus en plus de Conseils régionaux affichent leur volonté de récupérer tout ou partie des compétences culturelles de l’État, assurées actuellement par les Directions Régionales des Affaires Culturelles (DRAC) dans les territoires, comme c’est déjà le cas pour les secteurs du livre et de l’audiovisuel dans la région Bretagne.

La région Pays de la Loire, de son côté, cherche à récupérer les compétences de l’État sur la création et les « Monuments historiques ».

Des discussions et réflexions sur une nouvelle décentralisation qui affecterait la culture sont en cours au sein de l’Association des Régions de France (ARF), comme l’illustre Renaud Muselier, à la fois président de cette association et du Conseil Régional de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour laquelle il demande la délégation de l’ensemble des compétences culturelles.

Ce transfert progressif des compétences culturelles nationales aux régions fragilisera les DRAC qui perdront en visibilité et en capacités d’expertise sur les domaines délégués.

Ceci est d’autant plus préoccupant que lors de la cérémonie de départ de la directrice de la Drac Pays de la Loire Nicole Phoyu-Yedid, le préfet Claude d’Harcourt a prononcé un discours pour le moins éclairant sur la conception qui est la sienne (et dont on espère qu’elle n’est pas celle du ministre) du rôle de l’État en région dans le domaine culturel. Selon lui, comme la gestion de l’État en la matière s’apparente aux pratiques des régimes russe et chinois, seules les collectivités territoriales seraient légitimes à s’occuper des affaires culturelles. En outre, il considère que la fonction de la culture est d’apaiser le climat social, de calmer les tensions dans la société, ce qu’il a répété à plusieurs reprises lors de son discours. De plus, il ne faudrait pas, selon lui, tomber dans une égalité « excessive » en nommant, sans souci des compétences, des femmes à la tête de structures culturelles.

Et lorsqu’un représentant du personnel CGT de la DRAC s’est présenté à lui lors des agapes pour lui rappeler le caractère émancipateur de la culture, le préfet a répondu qu’il ne supportait pas les remises en cause de sa fonction ni les interpellations lors de manifestations culturelles…

Nous pouvons alors nous interroger sur la capacité des préfets à être les garants des politiques publiques culturelles dans un tel contexte de remise en cause du rôle de l’État par les Conseils régionaux ?

La démonstration faite par Claude d’Harcourt ne peut qu’inquiéter les agents publics en charge de ces politiques, leurs usagers et les citoyens. C’est pourquoi le syndicat CGT des services déconcentrés de l’État lance une alerte au ministre de la Culture Franck Riester.















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