mercredi 28 septembre 2022

15e étude sur les offres pôle-Emploi, 76% sont mensongères !

vendredi 9 septembre 2022

Du 29 au 31 Août, trente militantes et militants de la CGT chômeurs ont mené une 15e étude sur les offres non pourvues de Pôle-Emploi dans un contexte de stigmatisation permanent des privés d’emploi.

Nous avons constaté le plus fort taux jamais enregistré : près de 76% des offres sont bidons, mensongères, inexistantes et donc illégales au vu du code du travail.

Depuis Juin, tous les jours à la télévision, à la radio, dans les journaux : on entend le patronat se plaindre de la soi-disant « pénurie de main d’œuvre ». Patronat et gouvernement prétendent ainsi qu’il y aurait 300 000 offres non pourvues !

De la même manière, Pôle-Emploi affiche plus de 900 000 offres sur son site internet alors que l’on y comptait plus de 6 millions d’inscrits toutes catégories confondues en Juillet. De quoi alimenter les discours les plus réactionnaires sur les chômeurs feignants.

Dans ce contexte de stigmatisation permanent des travailleurs privés d’emploi et précaires, la CGT et son Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires a réalisé sa 15e étude des offres diffusées par Pôle-Emploi afin de constater leur légalité.

Pour rappel, selon le Code du Travail (Article L5331-3), « il est interdit de faire publier […] une offre d’emploi comportant des allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur, et plus particulièrement sur les éléments suivants :

  • L’existence, le caractère effectivement disponible, l’origine, la nature et la description de l’emploi ou du travail à domicile
  • La rémunération et les avantages annexes proposés
  • Le lieu du travail »

Notre 15e étude est inédite tant sur son ampleur – plus de 1900 offres étudiées – que sur son périmètre géographique : plus de 13 villes ont été inclues et un département, la Seine-Saint-Denis.

Ce sont près de vingt militantes et militants du CNTPEP CGT qui ont pris part à cette étude et ont épluché chaque offre, n’hésitant pas à appeler les agences intérim pour constater l’effectivité des allégations affichées sur l’offre et plus particulièrement son existence, sa nature et sa durée.

Après une semaine de travaux, notre constat est sans appel : Pôle-Emploi est hors-la-loi !

76% d’offres illégales : pourquoi le scandale des offres bidons continue ?

Depuis 2016, Pôle-Emploi a décidé d’ouvrir son site aux « partenaires privés » agrégateurs d’offres ou agences d’intérim pour lesquels aucun contrôle n’est effectué par un conseiller formé à cette tâche pourtant essentiel de contrôle.

Les conséquences de cette absence de contrôle :

  • 95% des entreprises de travail temporaire diffusent des offres d’un mois ou plus alors qu’elles ne proposent, en réalité, que des contrats initiaux d’une semaine.
  • 95% des entreprises d’aide à la personne diffusent des offres à temps plein ou « temps partiel choisi » – une farce quand on sait que 70% du temps partiel est subi – sans indiquer de planning
  • Les platformes numériques – Well Job, Hello Work, Job in Tree… – diffusent des offres déjà pourvues ou recensées sur le site, voire inexistantes. Près de 90% des offres illégales proviennent de ces plateformes.

Le pacte avec ces « vautours de l’emploi » permet à Pôle-Emploi non pas de faire plus de transparence sur le marché du travail mais d’afficher un haut-niveau d’offres justifiant les discours les plus réactionnaires. Macron en tête a récemment été pris en flagrant délit de mensonge (et c’est un cas de récidive légale) en maintenant sa sinistre formule : « il suffit de traverse la rue pour trouver un emploi » ou encore la Première Ministre madame Borne : « Lorsque tant de secteurs connaissent des difficultés de recrutement, personne ne peut comprendre que nous ayons encore trop de personnes au chômage ».

Cette 15e étude prouve bien que les discours sur la pénurie de main d’œuvre qui ne repose sur aucune étude sérieuse – les chiffres sont transmis par les fédérations patronales du MEDEF – sont totalement bidons. L’étude de Février 2022 de Pôle-Emploi sur les offres non pourvues démontrait bien que 90% des offres ont été pourvues et que sur les 10% restant : c’est le patronat qui a retiré son offre dans 80% des cas !

La suite : https://chomeurs-precaires-cgt.fr/communiques/penurie-de-main-doeuvre-ou-abondance-doffres-frauduleuses-la-cgt-revele-76-doffres-mensongeres-a-pole-emploi/















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