IL Y A URGENCE POUR UNE AUTRE POLITIQUE AGRICOLE

jeudi 3 septembre 2015

La crise, quelle crise ?

depuis de nombreux mois ; voire des années, les politiques patronales, gouvernementales et européennes ont conduit les industries agroalimentaires, et plus particulièrement les filières de la viande, dans une crise profonde.

Les conséquences sont dramatiques pour les salriés : licenciements, fermetures de sites, aggravation des conditions de travail, perte de pouvoir d’achat, mise en cause des acquis sociaux et droits syndicaux arrachés par les luttes.

Les conflits autour du prix du porc sont la partie visible de l’iceberg.

Derrière ces manœuvres, la stratégie mise en œuvre vise à bousculer les marchés du porc et restructurer la filière en sacrifiant avant tout les salariés, les petits producteurs et les consommateurs.

Cette restructuration n’a pas d’autre finalité que de mettre en place une production toujours plus intensive avec des sites industriels spécialisés, une mise en cause de nos potentiels industriels et le saccage de l’emploi.

Qui paie ?

Cette restructuration coûte cher socialement et industriellement. En effet, en 2013, après avoir fermé des usines, obtenu des aides, c’est le même refrain qui revient. Le gouvernement actuel cautionne, organise, structure ces logiques d’abandon industriel et de casse.

Dans les industries d’abattages, la période n’a pas vu de diminution d’activité. Par contre, les cadences et la durée du travail ont augmenté.

Qui tire les ficelles ?

La construction européenne, le gouvernement, les pouvoirs publics et de nombreux élus locaux sont, à juste titre, montrés du doigt.

MEDEF et FNSEA sont d’accord pour faire supporter par les salariés les conséquences de cette restructuration. En ciblant le coût du travail comme le responsable de cette situation, c’est à la protection sociale, aux conventions collectives et au code du travail qu’ils s’attaquent.

Le patronat dans le même temps demande moins d’impôt, exige toujours plus d’exonérations de fiscales et sociales et engrange toujours plus d’aides économiques. Le patronat de nos professions agroalimentaires en a amplement bénéficié (Pacte d’Avenir, CICE, PAC).

Les salaires, par contre, sont au plus bas de l’échelle. D’ailleurs, un ministre a été obligé de révéler que l’heure de travail, au sortir de l’abattoir, est plus élevée en Allemagne qu’en France. C’est dire !!!

Depuis plus de 30 ans cette politique a conduit à cette situation.

Les entreprises qui mènent la danse ne peuvent pas être considérées comme en difficulté - Bigard, Cooperl, Leclerc, Intermarché, Carrefour, Auchan - bien au contraire. Elles ont en commun d’avoir des milliers de salariés aux conditions de travail et sociales difficiles, des salaires au plus bas, et dans la grande distribution, une précarité largement au dessus de la moyenne.

Le dumping social est utilisé pour réduire les droits des salariés en France et les diviser.

Hier la volaille, aujourd’hui le porc, demain... le lait, le bovin.

Les clés de la sortie de crise !

L’action syndicale et le développement concret de propositions économiques et sociales tournant le dos aux stratégies patronales sont indispensables.

L’alimentation est un enjeu fondamental pour l’avenir de notre pays.

La production agroalimentaire doit être tournée sur la réponse aux besoins de la population, au développement d’une réelle santé publique, au renforcement de coopérations internationales mutuellement avantageuses et non sur la finance.

Nous ne voulons pas d’une société qui tire tout vers le bas. Nous voulons des salaires qui répondent à nos qualifications, à la valeur de nos forces de travail physiques et intellectuelles.

L’inversion de la spirale du déclin social est nécessaire et suppose de construire un rapport de force suffisant pour imposer nos choix.

Ces choix s’appuient sur un changement fondamental de modèle de développement social et économique, pour favoriser des activités de production rémunératrices, créatrices d’emplois et favorisant l’aménagement et l’équilibre des territoires ? Cela passe par une ambition publique pour organiser les filières de production en posant d’emblée le "juste prix" de la rémunération des producteurs et salariés, les ambitions de développement pour les territoires, l’exemplarité sociale garantissant notre souveraineté alimentaire basée sur une nourriture saine, en quantité et accessible à tous par des prix socialement justes.

cela passe par un syndicalisme plus fort, plus efficace, plus solidaire, cela passe par des salariés syndiqués plus massivement à la CGT.

Le 08 octobre 2015, la CGT, avec d’autres organisations syndicales appellent à une journée de mobilisation nationale.

Décidons de faire de cet appel, une journée de grève dans les industries de la filière porcine, pour exiger de nos employeurs la satisfaction de nos revendications.

Communiqué Comité Régional CGT Bretagne - juillet 2015

La fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) multiplie
les actions de blocage pour dénoncer les pertes de revenus des éleveurs laitiers, bovins et porcins, mettant en cause la grande distribution et les industriels du secteur.

Les actions menées font l’objet d’une complaisance particulière des forces de l’ordre qui tranche singulièrement avec les réactions face aux manifestations de salariés et la volonté de criminalisation de leurs actions syndicales.

Or la situation « de crise agricole » est le résultat des politiques libérales menées depuis de nombreuses années par les gouvernements successifs. Si de nombreux éleveurs bovins voient leurs revenus baisser, d’autres en profitent largement.

Il s’agit notamment des grands groupes, laitiers et de la viande, de la grande distribution qui profitent largement de la loi de modernisation de l’économie de
Sarkozy qui lui octroie des privilèges exorbitants dans la guerre des prix et de quelques agrimanagers trustant les postes clés de l’agriculture.

La fin des quotas laitiers décidée par l’Union Européenne dans le cadre de la libéralisation totale des marchés en vue du traité Transatlantique va encore accélérer cette guerre des prix avec pour conséquence la mort programmée de milliers d’élevages laitiers.

Les salariés de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution sont également les victimes de cette course au profit et à la rentabilité. Bas salaires, mauvaises conditions de travail, licenciements sont le lot quotidien des salariés sacrifiés aux logiques capitalistiques.

En Bretagne, le plan agricole et agroalimentaire est un des 3 piliers du Pacte d’Avenir.
Les 2 autres étant des mesures d’urgence en matière d’accompagnement des salariés victimes des plans sociaux et des mesures de soutien à la compétitivité des entreprises notamment par le renforcement du dialogue social.

Un point devra être fait au niveau régional sur l’ensemble du dossier qui dépasse largement la question du prix d’achat des productions agricoles.

Il faut véritablement un changement fondamental d’orientation pour favoriser une nouvelle organisation des filières de l’élevage mettant au cœur une juste rémunération des salariés et des producteurs, garantissant le développement de l’emploi et de nos industries, la souveraineté alimentaire de notre pays et permettant aux consommateurs un accès à une nourriture saine, accessible à tous à des prix socialement justes.















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