Collaboration de classe pour crime social de masse

mercredi 10 septembre 2014

Expression de l’UL CGT Paimboeuf :

LE CHOIX :

Dans son emploi du temps du 27 août dernier le 1er ministre avait le choix : assister et commémorer le 70ème anniversaire de la Libération de Paris, ou bien aller aux universités d’été du Medef à Jouy-en-Josas.
Honorer la mémoire de celles et ceux qui se sont battus pour notre liberté et qui au sein du Conseil National de la Résistance ont créé les bases du modèle social français, ou aller à la grand-messe patronale de ceux qui veulent justement détruire cet héritage et ne s’en cachent d’ailleurs pas.
Le chef du gouvernement a choisi…

CETTE FOIS L’ALLEGEANCE EST TOTALE !

27 août 2014, Jouy-en-Josas. Manuel Valls vient de terminer son discours. Cela fait une minute qu’ils sont debout, hilares, frappant dans leurs mains à tout rompre comme s’il s’agissait d’un concert de rock ou d’un match de football. La « star » du jour, le 1er ministre, doit les calmer. L’osmose est complète. Le dernier à avoir reçu un tel accueil des patrons était… Nicolas Sarkozy.
Le gouvernement de la France vient de confirmer son allégeance à cette finance qu’il devait combattre.

DÉCLARATION D’AMOUR A L’ENTREPRISE ? NON

A LA FINANCE ? OUI

Qu’a pu dire le 1er ministre pour susciter un tel « enthousiasme » ? Valls a déclaré : « J’aime l’entreprise ! ». Mais cela ne veut rien dire du tout ! Tout le monde aime l’entreprise, les salariés tout d’abord puisque c’est le lieu où chacun et chacune d’entre nous vient y gagner sa vie. Notre organisation syndicale aussi aime l’entreprise. La question n’est pas de savoir si on aime l’entreprise, mais plutôt de savoir quelle est son rôle, sa finalité au sein de la société. Est-elle source de création de richesse au sens très large du terme et participe-t-elle au développement économique du pays ? Où est-elle juste un outil pour quelques privilégiés pour faire toujours plus de profits ?
Ce n’est pas à l’entreprise qu’il a déclaré sa flamme,
mais bien aux actionnaires et à la finance, l’ennemi qu’Hollande devait combattre.

POUR LE MEDEF C’EST DÉJÀ (et ENCORE) NOËL

Mais plus que de mielleuses paroles flattant le patronat le plus réactionnaire qui soit, le 1er ministre est venu avec la hotte pleine de nouveaux cadeaux. Après les 41 milliards d’euros d’aides, d’exonérations sociales et fiscales venues s’ajouter aux près de 180 milliards déjà existantes perçues chaque année, pour les résultats que l’on connait, le gouvernement entend satisfaire encore davantage l’appétit insatiable du Medef.

Au menu : assouplissement du travail du dimanche, remise en cause des seuils sociaux (en clair comment empêcher les salariés de pouvoir s’organiser collectivement), casse du salaire minimum. Également dans le collimateur et malgré les déclarations « rassurantes » qui n’engagent que ceux qui veulent bien les croire, les 35h. Et déjà dans la bouche de certains, la 5ème semaine de congés payés, et la création d’un contrat à « l’anglaise » de 0h (si si ça existe !). On vous l’avait dit :
Pour Gattaz et ses sbires, c’est Noël tous les jours !

L’INVITATION AUX SYNDICATS A NÉGOCIER LE RECUL SOCIAL

Remise en cause des 35h, travail du dimanche, seuils sociaux, casse du SMIC, autant de sujets où le gouvernement appelle les syndicats à négocier des accords dérogatoires avec le patronat, pour ensuite les traduire dans la loi. Il est vrai qu’il peut compter sur la compréhension et la « collaboration » de certaines organisations syndicales (qui se reconnaitront et que vous reconnaitrez) qui sont passées maitres dans l’art du service après-vente des mesures sociales les plus régressives.

CE QUI COUTE CHER C’EST LE CAPITAL !

Lors de ce discours Valls y est allé aussi de son petit couplet sur nos entreprises françaises qui ne seraient pas compétitives, nos actionnaires, des gens courageux pas assez aimés par le bon peuple, qui prennent des risques. Bref toute l’idéologie ultralibérale que tous les médias à la botte de la finance nous assènent à longueur de journée. Pourtant il a occulté, volontairement, quelques données.
Sur le seul 1er semestre, 37 des 40 entreprises du CAC 40 ont versé à leurs actionnaires 40,7 milliards, oui vous avez bien lu 40,7 milliards de dollars de dividendes, en augmentation de 30%. Pour mémoire le CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi) touché par les entreprises représente 20 milliards d’euros…De là à faire le lien il n’y a qu’un pas que notre organisation franchit.
Vous avez encore des doutes ? Voilà ce qu’écrivait le journal économique les Échos du 20 août dernier dans un article au titre très évocateur : « Bourse, les dividendes volent de record en record ! »
« Les dividendes des grandes entreprises dans le monde ont battu un record au deuxième trimestre 2014, ils sont tirés notamment par l’Europe. 2014 pourrait être une année d’exception pour les actionnaires. Selon une étude d’Henderson Global Investors, les grandes sociétés mondiales (1200), verront le niveau des dividendes versées en hausse de + 12%. La France se distingue clairement puisqu’elle est le pays le plus important de la zone Europe pour les rémunérations aux actionnaires, celles-ci atteignent 40,7 milliards de dollars entre avril et juin 2014, soit une progression de + 30% ».

PAS MAL POUR DES ENTREPRISES SOIT DISANT PAS COMPÉTITIVES !

Des exemples comme celui-ci il y en a des dizaines. Encore un pour la route. Chez Peugeot, qui a licencié à tour de bras et fermé des usines, le montant total des aides publiques touchés dans le cadre du Crédit Impôt Recherche a été de 71 millions d’euros. Dans le même temps le groupe a distribué… 72 millions d’euros de « retraites chapeau » à certains de ses dirigeants…Encore un exemple, chez Alcatel qui a quasiment fermé toutes ses usines en France, les aides publiques représentent 20% du budget total du groupe, sans qu’il y ait le moindre contrôle de l’État sur l’utilisation de cet argent et sur les choix stratégiques effectués.

LA PEUR D’UNE RIPOSTE POPULAIRE

Il a beau rouler des mécaniques, en faire des « caisses », Valls n’est pas rassuré et son gouvernement non plus. L’arrogance affichée par le gouvernement et le patronat n’est qu’une façade. Ils savent qu’il existe encore dans le pays des forces syndicales et politiques progressistes qui refusent cette logique de terre brulée et de recul de civilisation. C’est bien pour cette raison que le 1er ministre veut passer en force et entend limiter le débat à l’assemblée nationale en légiférant par ordonnances. Il veut faire vite pour passer ces mauvais coups avant l’organisation d’une riposte populaire de masse.

PERSONNE NE POURRA DIRE QU’IL NE SAVAIT PAS…

Ce que prépare le tandem gouvernement/ Medef, avec la complicité de certaines organisations syndicales, peut s’apparenter à un véritable "génocide" social. C’est une nouvelle étape dans les reculs de société que subit le monde du travail depuis 35 ans. Jusqu’où, jusqu’à quand allons-nous supporter ces agressions sans réagir ?

Est-ce la société que nous voulons laisser à nos enfants ?
Nous sommes prévenus de ce qui se trame. Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas…

LE RECUL SOCIAL CA SE COMBAT !

Chacun(e), d’entre nous est face à ses responsabilités. En 2012 la CGT a appelé à battre le président sortant car sa politique sociale était désastreuse. Depuis 2012 la CGT a multiplié les appels à la mobilisation, que se soit sur la question des retraites ou bien encore contre le pacte de responsabilité par exemple. C’est également toujours la CGT qui est en 1ère ligne dans les conflits sociaux majeurs, comme à la SNCF, la SNCM, chez Citroën ou avec les intermittents du spectacle.
Personne ne pourra nous faire le reproche de ne rien faire quand la « gauche » est au pouvoir.

Sans mobilisation populaire, la politique actuelle ne changera pas !
Nous savons ce qu’il nous reste à faire !















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