Marges contre emplois, non merci

jeudi 15 décembre 2016

Les analystes financiers l’annoncent avec fierté : Renault et PSA sont en train de devenir champions du monde de la marge.

Au moment où tout le discours du patronat et du gouvernement est bâti sur l’idée que pour investir et créer des emplois, il faut améliorer la marge des entreprises y compris en multipliant les cadeaux fiscaux à l’instar du CICE, il est bon d’examiner le bilan des deux constructeurs français.

Contrairement à ce que prétendent le patronat et le gouvernement, ce n’est pas pour augmenter l’investissement et l’emploi qu’il faut augmenter la marge des entreprises. Au contraire, c’est parce que l’emploi diminue et que la pression sur les salariés augmente que le taux de marge des constructeurs s’améliore.

Selon les analystes financiers, au premier semestre 2016, la division automobile de PSA (hors Faurecia) affiche une marge opérationnelle (rapport entre résultat d’exploitation et chiffre d’affaires) de 6,8 %, celle de Renault une marge de presque 5 % (entre 1 % et 3 %, il y a dix ans).

D’où vient cette amélioration ? Est-ce liée à une montée en gamme, à des produits plus performants et plus conformes aux exigences de notre temps ? Eh bien non. Elle s’explique par la délocalisation de la production et la pression accrue sur les salariés.

Voilà le constat fait par Les Échos, quotidien proche du patronat : l’essentiel de cette amélioration de marge « réside dans l’impressionnante chasse aux coûts engagée depuis quelque temps. » (Les Échos, 12 décembre 2016).

Chez Renault, il s’agit du « glissement de la production » vers la Roumanie, le Maroc, la Turquie au milieu des années 2000. Puis la réduction des effectifs et la mise en concurrence des sites avec les accords de compétitivité : « plan de départ » de 8 200 salariés, augmentation du temps de travail, gel des salaires. Et un deuxième accord de compétitivité est en préparation.

Même stratégie chez PSA. Les usines ont perdu des lignes de production, les effectifs ont été comprimés. « Avec la fermeture d’Aulnay, le gel des salaires et des embauches, les externalisations de l’informatique ou de la logistique, 7 200 postes ont été rayés des listes de la DRH en trois ans », rappelle le journal patronal.

Puisque le patronat et le gouvernement ne cessent de citer l’Allemagne. comme exemple, il convient de rappeler que le pourcentage de la masse salariale sur le chiffre d’affaires de Renault et PSA navigue autour de 11 à 12 %, contre 17 % chez Volkswagen.















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