Dans la famille "ringardos", je pioche le Medef

jeudi 1er décembre 2016

Et oui, les chargés de com’ du Medef rivalisent de médiocrité. Après le célèbre pin’s du MEDEF « 1 million d’emplois » (dans tes rêves uniquement), nous sommes heureux de vous présenter le nouveau joujou du MEDEF : un jeu des 7 familles qui ravira petits et grands entrepreneurs.

Son nom : « 7 DÉFIS POUR FAIRE GAGNER LA FRANCE » et 7 défis comme 7 familles :

  • "développement durable" (comme à NDDL),
  • "mondialisation" (heureuse ou malheureuse ?),
  • "Europe" (enfin surtout l’€, j’imagine),
  • "filières d’avenir" (Pôle Emploi pour les uns, paradis fiscaux pour les autres ?),
  • "numérique" (fracture ?),
  • "épanouissement des femmes et des hommes" (mais surtout épanouissement des profits),
  • "audace créatrice" (comme faire un jeu des 7 familles par exemple ?).

Dans chaque famille-défi, 6 cartes thématiques et sur chaque carte bleu pastel un dessin et une affirmation.

Dans la famille « Épanouissement des femmes et des hommes », je demande « l’emploi ». Une bonne pioche et j’apprends que « la génération Y (personnes nées après 1980) aura en moyenne 5 carrières ». Faut positiver !

Plus énervant sans doute, dans la famille « défi audace créatrice », le MEDEF est tout content que la France soit au « premier rang pour le financement et les incitations fiscales en matière de Recherche et Développement ».
C’est sûr qu’avec les différents crédits d’impôts généreusement attribués sans trop de contrôle sur le fond (Crédit Impôt Recherche, Crédit Impôts Métiers d’Art, Crédit Impôts Innovation), la dépense publique est très généreuse avec les entreprises, avec aucune efficacité mesurée en termes d’emplois et d’innovations (hors PME peut être). Comme quoi le Medef est très critique sur les dépenses de l’État sauf quand les sous vont directement dans sa poche…

Si une fois encore, nous nous moquons de la com’ poussiéreuse du Medef et son anachronisme "à l’insu de leur plein gré" , rappelons que leur programme est encore plus archaïque et rétrograde et qu’il ne nous fait pas du tout sourire.

Le patronat a largement inspiré (voir écrit) les dernières réformes anti sociales (les ANI, la Loi Travail,...) et son objectif est d’aller encore plus loin dans la déconstruction, la destruction des droits des salarié-es. Bref, le retour de l’exploitation la plus éhontée de l’homme par l’homme.

Leur grand phantasme du moment est d’arriver à la "fin du salariat" grâce à certains nombres de mesures dont certaines sont déjà en place : auto entreprenariat, uberisation, "CDI" de projet,... Et ils s’en félicitent déjà comme le montre la carte "l’indépendance" dans la famille "défi audace créatrice", qui assène avec délectation que les emplois non salariés ont augmenté deux fois plus vite que les emplois salariés !

De facto, il s’agit le plus souvent de faux indépendants qui exercent leurs métiers avec un lien de subordination très fort vis à vis de l’employeur-donneur d’ordre, sans les protections et garanties du salariat. Manquerait plus que le Medef leur demande une cotis’ pour que l’indécence soit complète !

Une petite citation pour compléter :

"Ils veulent faire sauter les derniers verrous, ils veulent une société sans filets, où quelques privilégiés auront accès à des métiers survalorisés socialement et correspondant même à des compétences, tandis qu’en bas, ils poseront les jalons d’une société de logisticiens du dernier mètre payés à la tâche, esclaves des machines et de l’auto-exploitation auquel le capitalisme les auront assignés presque naturellement. Et lorsque le logisticien sera remplacé, il pourra toujours louer sa maison, sa guitare, sa voiture, pourquoi pas vendre père et mère, pour ne pas sombrer dans la misère ni « vivre avec la honte » d’être un « assisté »."

« On revient à une économie de type féodale, une économie de la domesticité »

Il reste la CGT pour empêcher le "Grand Retour en Arrière". Mais on ne le fera pas sans toi, sans vous

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