Les raisons de l’accident du travail aux Chantiers du 25 février

lundi 16 mars 2020

Nous avons décidé de communiquer par voie de presse car il est pour nous primordial d’affirmer publiquement qu’un évènement tel que celui qui s’est produit aux Chantiers de l’Atlantique dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 février ne devrait jamais avoir sa place sur nos lieux de travail.

Un salarié est mort des suites d’un accident du travail, ce n’est malheureusement pas la première fois sur le site, et c’est bien sûr encore un accident de trop.

Comme nous tous, ce salarié intérimaire venait au travail pour gagner sa vie, pas pour la perdre.

Dans les jours et semaines qui viennent, les représentants au CSE des Chantiers vont continuer à enquêter sur les causes qui ont pu conduire à un tel drame. Ce qui devra leur permettre de présenter leurs conclusions sur les mesures à prendre pour que cela ne puisse pas se reproduire.

Mais comme cette enquête du CSSCT n’est pas encore finalisée, nous ne l’évoquerons pas aujourd’hui.

C’est donc indépendamment de celle-ci, en tant que principal syndicat présent parmi les ouvriers des Chantiers particulièrement soucieux de l’organisation et des conditions de travail, que la CGT tient à intervenir aujourd’hui sur le contexte général de l’accident.

Car avec la charge de travail qui ne cesse d’augmenter avec des délais de plus en plus courts, nous ne pouvons taire les conditions dans lesquelles les salariés sont amenés à travailler sur l’ensemble du site et plus encore pour les équipes 3x8 avec des dimanches soir travaillés :

  • Les horaires épuisants (l’accident a eu lieu à 3h du matin),
  • Prime de « présentéisme » défalquée par les arrêts de travail pour maladie comme pour accident du travail
  • La pression mise en place au travers d’objectifs de production quotidiens (les fameux tickets LEAN qui correspondent à l’affichage personnalisé sur un panneau au milieu de l’atelier d’un temps préétabli pour chaque tâche de travail et qui est marqué en rouge si le temps imparti est dépassé),
  • Le manque de temps pour un suivi sérieux dans la transmission des compétences de chacun d’entre nous, des ouvriers aux agents de maîtrise…
  • La non prise en compte des alertes données à la direction par les compagnons sur les dangers identifiés par eux (déplacements sur le site, Co-activité intense, course aux tickets LEAN…)

Les témoignages des compagnons se succèdent pour décrire ces réalités, et bien d’autres, comme déterminantes dans le contexte général de l’accident.

Sans compter que ces réalités sont d’autant plus ressenties par les salariés intérimaires, aux contrats de travail par définition plus précaires.

Cette course aux délais, organisée par la direction est incompatible avec les règles de sécurité les plus élémentaires.

Nous tenons à relayer publiquement ces premiers témoignages car cet état des lieux sur l’organisation du travail correspond sans doute à ce qui est vécu dans beaucoup d’entreprises de la région par les travailleurs .

Pour que ce drame ne se reproduise pas, il faut une détermination sans faille pour que chacun d’entre nous prenne conscience du danger en tant que salarié, quelle que soit notre entreprise, et résiste collectivement.

Un tel système de travail, basé sur la course à la productivité, volontairement créé et organisé par beaucoup de directions d’entreprises pour des objectifs comptables de rentabilité, ne peut se faire qu’au détriment de la santé au travail.

Le syndicat CGT NAVALE des Chantiers de l’Atlantique,
la CGT Intérim Manpower et l’USM-CGT















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