T’AS PAS ENTENDU COMME UN KRACH (BIS REPETITA...)

samedi 13 février 2016

Parfois les éléments de langage des communicants politiques peuvent s’apparenter à de la poésie divinatoire ou tout simplement à de l’astrologie.

En effet, le 20/01/2015 M RESBAMEN (ex‑ministre du travail) avait utilisé l’expression « d’alignement de planètes » pour expliquer que la baisse de
l’euro, ajoutée à la baisse du pétrole et des matières premières, saupoudrée d’un taux d’emprunt d’État très bas et du pacte de compétitivité (CICE)
aurait un effet positif sur la croissance avec, à la clef, une baisse du nombre de chômeurs.

Cet « alignement de planètes » a connu un joli succès médiatique et a été utilisé de manière récurrente jusqu’à ces dernières semaines. Sauf qu’en astrologie, Mme Elisabeth Tessier, célèbre astrologue reconnue pour ses conseils délivrés aux princes de la République (titulaire d’un doctorat de la Sorbonne) aurait expliqué que les alignements de planètes n’annoncent rien
de bon surtout quand Venus et Mars se mêlent à la partie.

M. RESBAMEN, qui est retourné prudemment dans son fief électoral, n’aura pas à commenter cette année la hausse du chômage en France, ni celle fait du nombre de personnes en dessous du seuil de pauvreté partout en Europe, même dans les pays où le chômage a fortement reculé.

Par contre, pour les plus riches, 2015 fut un très bon cru. Ainsi les 10% les plus
riches ont vu généralement leur patrimoine et leur revenu encore augmenter.
Les 1% les plus riches ont accaparé encore plus de richesses grâce à la très bonne forme des places financière
s et de leurs placements parfois exotiques. Il faut dire que les banques centrales (américaines, européennes, asiatiques) ont injecté jusqu’à plus soif de la liquidité pour doper une croissance économique mondiale devenue atone.

Cette liquidité ne s’est jamais retrouvée dans la poche des salariés, des petits patrons, des retraites. Non, ces sommes faramineuses sont allées directement
alimenter les places boursières sous l’oeil bienveillant du système bancaire. Crédit pas cher, investissement boursier à effet de levier, titrisation des dettes, des gendarmes boursiers réduits aux rôles de spectateurs complaisants ont généré encore une fois des énormes bulles spéculatives.

Ce qui change par rapport à 2007, c’est que de plus en plus d’économistes « libéraux », fervents défenseurs des marchés financiers tirent depuis quelques mois la sonnette d’alarme. Nous ne nous en sommes pas rendu compte avec nos fins de mois difficiles, mais depuis plus de cinq ans les places boursières ont une santé florissante. Par exemple, le Dow Jones culminait avant la crise financière de 2007 à 14 164 points (oct 2017) pour chuter à 6 547 points le 09/03/2009 et remonter à plus de 18 272 points le 15/05/2015 soit une petite progression de 279 % en 6 ans.

Rien à voir avec l’économie réelle mondiale qui n’a jamais dépassé pas les 3% d’augmentation annuelle sur cette période.

Depuis quelques mois, on observe un retournement des marchés boursiers avec un risque de spéculation à la baisse. Tout indique que l’on est en train de repartir pour une nouvelle crise financière destructrice. Peu importe, son origine (banques chinoises, prêts étudiants américains, dettes des États européens, dette publique et privée des USA, marché immobilier anglais, dette privée des entreprises chinoises, matières premières etc…), les responsables politiques du G20 porteront une très lourde responsabilité à ne pas avoir voulu réguler le système financier comme ils l’avaient « promis » en 2010.

Pas sûr que notre ministre de l’économie (ex banquier) garde son aura médiatique de premier de la classe quand il devra annoncer aux contribuables qu’il faut de nouveau soutenir les banques françaises.

Pas sûr qu’on ne se souvienne pas de la promesse de Hollande en 2012 sur la séparation des banques de dépôts et d’affaires.

Mais rassurez-vous, on vous dit que nous avons toujours un bon alignement des planètes.















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