Vacances, j’oublie tout ???

jeudi 13 août 2015

Chassé croisé des juilletistes, puis des aoûtiens, bouchons, itinéraires bis, pollutions, accidents, envahissement du littoral et au delà, par des hordes de touristes, tout cela chacun le vit chaque année, qui physiquement, qui par l’intermédiaire des bulletins radios et des chaines d’infos en continu.

La France serait donc à l’arrêt, entendez la France qui travaille, les villes seraient vides et les « territoires » bondés !

Tout cela en pleine crise durable, ça tiendrait du miracle (ou de l’inconscience, selon qui fait le commentaire). Mais qu’en est-il réellement ? Car enfin, dans le domaine des vacances estivales , les français seraient-ils donc tous égaux ?

Les chiffres pourtant sont là, leur vérité révélée par une étude de l’observatoire des inégalités : Si 80 % des cadres supérieurs partent en congé chaque année, 50 % des ouvriers restent chez eux. Et encore, entre catégories, on ne part ni aussi souvent, ni aussi longtemps, ni dans les mêmes conditions !

Partir, c’est… dépenser beaucoup !

Pour partir, il faut en avoir les moyens : 40 % des personnes aux revenus inférieurs à 1200 euros mensuels sont parties, contre 86 % de celles qui disposent d’un revenu de plus de 3000 euros. Plus on monte dans l’échelle sociale, plus on a des chances de partir en vacances. Et même si aujourd’hui , en période de crise, on part paradoxalement plus qu’il y a quelques années, les plus modestes d’entre nous n’ont pas rattrapé leur niveau de départ constaté à la fin des années 90 (44 % en 1998 contre à peine 40 % aujourd’hui). Et si on ne part pas, c’est bien pour des raisons financières (une semaine de location coute à minima un demi smic, souvent bien plus), 46,46 % des français restent chez eux pour des raisons purement financières, contre 13% pour raison personnelle et 8% pour raisons familiales.

Selon que tu seras riche ou pauvre...

Les ouvriers et employés sont ceux qui partent le moins, et parmi ceux qui partent plusieurs fois par an, ce sont encore ces mêmes catégories qui ne peuvent se le permettre. Et, lorsque l’on sait que l’on considère comme période de vacances une absence de chez soi de plus de 4 nuits, et que, par là même, 4 nuits dans la famille ou 4 semaines à St-Barth entrent dans la même catégorie statistique on peux encore plus relativiser toutes ces données !

On est finalement bien loin de l’engouement pour les congés payés des cartes postales de 1936, et dans ce domaine comme dans tant d’autres, il semble bien que l’on recule à toute allure ! Non, la France n’est pas à l’arrêt en été, ou alors pas à cause des congés des salariés !

Et, oui, la crise est bien là, et même ceux qui bénéficient encore de congés annuels la ressente jusque dans l’organisation de leur temps libre.















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