Paléontologie

lundi 10 novembre 2014

Début septembre, François Rebsamen, le Ministre du travail, prônait un contrôle renforcé des chômeurs, sous-entendant que beaucoup ne faisaient pas « l’effort » de rechercher activement un emploi.

Début octobre, le Premier Ministre et son Ministre des relations avec le parlement s’en prennent aux allocations, jugées trop généreuses en montant et en durée.

Ils n’ignorent pourtant pas que, depuis le dernier accord intervenu entre le Medef et les organisations syndicales « réformistes », la majorité des allocataires ont perdu en moyenne 3 jours d’indemnisation par mois.

Ils n’ignorent pas que 6 privé-es d’emploi sur 10 n’ont aucune indemnisation.
Rebsamen, Valls et Le Guen se veulent modernes, ce sont en fait de vieux dinosaures, car c’est toujours et partout le même discours :

« Une légende absurde circule dans la presse conservatrice d’après laquelle le chômage est uniquement dû à la paresse et à la rapacité des travailleurs.
Cette légende veut que l’ouvrier anglais n’ait d’autre but dans la vie que d’éviter tout labeur fatigant pour vivre, sans rien faire, de ses 18 shillings par semaine.
Et ce sont les auteurs de cette légende qui ont inventé le terme « aumône » pour désigner les indemnités de chômage.

« Aumône » est un vilain mot, une expression pleine de mépris, qui évoque l’idée d’argent versé par charité à des parasites indignes.
Cette croyance, que les sans-travail représentent une véritable armée de sybarites faisant bonne chère avec de l’argent mendié à la charité des contribuables, est assez répandue parmi
les classes aisées d’Angleterre.

Or le sort des sans-travail est en réalité loin d’être enviable.
Comment, à tout prendre, peut-on vivre avec 18 shillings par semaine ?
La réponse est simple : on ne vit pas, on arrive tout juste à ne pas mourir."

(Georges Orwell - 1929)















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