Lendemains d’élections

vendredi 6 juin 2014

Parlons du FN, mais pas que du FN. Il y a deux façons de
tenter d’apporter une solution à la crise du système
capitaliste, pas exclusives l’une de l’autre par nature, mais
parfois contradictoires.

IL N’EST PAS DE SAUVEURS SUPREMES*

La première, c’est de s’en remettre à l’action politique de telle
ou telle organisation ou personnalité, au risque de confier ses
intérêts à qui va les trahir, ou qui fondamentalement en
défend de totalement opposés.

On a souvent mis en cause le vieux fond xénophobe atavique
du FN.
Cela reste un marqueur fort qu’il faut combattre.
On a parfois bêtement raillé ses propositions économiques
sur le ton condescendant des initiés. Cela s’est parfois révélé
approximatif, souvent inefficace ou contre-productif.

On a trop rarement récusé son programme social.
Or c’est dans ce programme que réside l’imposture.

Il suffit de se rappeler les propos de Marine LE PEN contre le
mouvement social des retraites en 2010 pour savoir dans
quel camp se situe son parti : « Ensemble, gouvernement et
syndicats jettent la France dans le chaos...La tolérance zéro
doit s’appliquer à tous les émeutiers ».

Nous étions trois millions de manifestants émeutiers à
défendre nos retraites, sans compter celles et ceux, plus
nombreux encore, qui les soutenaient. Ça en fait du monde à
embastiller ! Et quel beau projet pour la France.

Le programme du FN, rappelons-le, préconise la suppression
de toute notion d’âge légal pour la retraite.
En matière fiscale, il propose une tranche maximale d’impôt
sur le revenu à 46% et la suppression de l’ISF : pas vraiment
des mesures pour les plus modestes.
Sur la fonction publique, le discours est affligeant de banalité
ultra-libérale : il y a trop de fonctionnaires (sauf dans la police,
l’armée et la justice...), il faut « aménager » les 35 heures à
l’hôpital, pas d’augmentation générale du point d’indice etc...
Comme d’autres, le FN considère le travail comme un coût, et
s’il parle, lui aussi, de baisser les cotisations salariales, pas
un mot sur la revalorisation du smic.

Bref, un discours et un programme dont s’accommoderait
facilement le Medef et qui ne défriserait même pas la
Commission Européenne !

SOUFFLONS NOUS MEME NOTRE FORGE*

La deuxième façon pour les salarié-es de travailler à un
changement profond de la société, c’est de prendre leur place
dans le combat collectif.

C’est bien sûr plus exigeant que de glisser (ou non) un
bulletin dans une urne une fois tous les 5 ou 6 ans.
Cela veut dire un engagement personnel, au besoin le
sacrifice d’un peu de son temps libre, parfois d’une ou
plusieurs journées de salaire.

Si l’on considère que ce qu’il faut combattre, ce sont les
politiques d’austérité qui se succèdent malgré l’alternance,
les inégalités qui se creusent, les difficultés à vivre décemment pour beaucoup, alors il faut prendre sa place dans un combat permanent contre les responsables de cette politique de classe.

Car, quoiqu’en disent certains, la lutte des classes n’est pas
une lubie de syndicaliste mais une réalité que pratiquent
quotidiennement patronat et possédants de tous les pays :
« Il y a une guerre des classes, où ma classe gagne de plus
en plus, alors qu’elle ne le devrait pas »
déclarait crûment en
2005 le milliardaire Warren Buffett sur CNN.

Et quoiqu’en suggèrent d’autres, ce n’est pas le sans-papiers
malien qui décide de délocaliser la production de France à
l’étranger, ni d’octroyer aux actionnaires des dividendes qui
en moyenne sont passés en 30 ans de 5% à 23% de la valeur
ajoutée des entreprises.

* Extraits du 2ème couplet de « l’Internationale » (paroles d’Eugène
Pottier écrites en 1871, toujours d’actualité... et libres de droits)

(merci aux camarades des Finances Publiques pour cette contribution)

www.visa-isa.org/node/1203















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