Interventions au rassemblement de soutien devant le tribunal le 14 décembre

samedi 16 décembre 2017

Nous étions 250 militant.es syndicaux, associatif et inorganisé.es à soutenir les camarades et à dénoncer la criminalisation de l’action revendicative.

et le communiqué sur le jugement

14 Décembre 2017 – Libertés de manifester et de militer– UD CGT 44

Nous sommes ici pour soutenir des camarades jugés suite à une action militante, notre camarade de l’Ul sud loire vient d’en rappeler les circonstances et les questions soulevées par la criminalisation de l’action revendicative.

Depuis quelques années une séquence répressive frappe les militants et tous ceux qui revendiquent : qu’ils soient organisés en syndicat ou pas.

Faisons d’abord un focus sur la répression syndicale
La CGT mène régulièrement campagne pour défendre les libertés syndicales face aux attaques du patronat contre les militants dans les entreprises : malheureusement rien ne change sur ce point.

Les exemples de « crimes » reprochés sont éloquents :

  • -un administrateur de la fédération CGT du bâtiment convoqué devant le TGI de Paris pour avoir jeté des confettis et de la peinture à l’eau dans les locaux de la FFB, (en avril 2014)
  • -des camarades de l’Ul du Havre convoqués au tribunal correctionnel dégradation d’un porte bloc-notes... (Le 21 février 2014)
  • -au havre encore pour plainte déposée par le PS suite à la décoration de la vitrine de son antenne à l’occasion d’une manifestation (10 septembre 2013 contre la réforme des retraites votés par les députés havrais)
  • -Goodyear , Air France, les exemples sont légions

Plus près de nous :

  • -récemment nous étions rassemblés ici suite aux poursuites dirigés contre des camarades de la fonderie Bouhyer pour injures par tract. Depuis les camarades ont gagné en appel mais leur patron jusqu’au-boutistes entendent les poursuivre en cassation !
  • -un camarade responsable de la CGT Airbus Nantes a été menacé de licenciement suite aux actions de blocage de la zone D2A, ce qui a excédé le patronat local qui ne peux concevoir qu’on s’attaque à ses profits et qui entend faire payer les militants pour ça. Un camarade pris parmi d’autres, pour faire peur aux autres et donner le message que tous peuvent se retrouver devant les tribunaux. Si un dirigeant de la CGT est menacé, que dire des autres salariés.

Et ça continue ici et ailleurs

Sur les 20 derniers mois en France, on dénombre 4109 poursuites ou condamnations politiques dont une bonne partie contre des syndicalistes

Les actions militantes s’imposent face à la violence des réformes réactionnaires qui suppriment des garanties et des acquis sociaux, qui précarisent le salariat et une grande partie de la population.

Le patronat, le gouvernement français et les Institutions européennes imposent des mesures insupportables socialement et économiquement.

Pour œuvrer le plus aisément possible, ils essaient par différents moyens d’uniformiser le syndicalisme, de l’institutionnaliser afin qu’il ne soit plus qu’à leur service, un outil d’accompagnement des décisions patronales et gouvernementales.

D’autres formes pour contrer le syndicalisme sont utilisées par le patronat.

Processus électoraux biaisés, Instances représentatives bafouées, Communications et actions syndicales surveillées ou empêchées, Répressions, Dépénalisation du délit d’entrave.

« Casser du militant », briser des élans sociaux, créer des peurs, menacer les Bourses du travail…

La répression syndicale reste un des moyens patronal pour freiner le développement du syndicalisme.

Ainsi, certaines militantes et militants syndicaux, de par leur engagement, sont traités comme des délinquants.

Ils sont trainés devant les tribunaux, dans des procédures de plusieurs années pour des faits qui s’inscrivent pourtant dans le cadre de leurs missions syndicales.

Leur carrière est souvent brisée, leur vie bouleversée, leur famille affectée…
La discrimination s’abat sur ceux qui ose s’opposer : blocage des carrières, avertissements, mises à pied, intimidations, menaces et affaires montées de toute pièce, licenciements…

Au-delà des procédures engagées par les employeurs, c’est une chaîne de complicité qui s’instaure y compris avec certains procureurs.

Le patronat a un objectif « En réduisant l’influence des salariés sur les décisions des entreprises », l’affaiblissement des syndicats a permis d’« augmenter la part des revenus constitués par les rémunérations de la haute direction et des actionnaires ». (c’est le FMI qui le dit)

Comment contrer cette insupportable répression ?

Proposer une loi pour modifier le Code Pénal, pour une plus grande protection des militants syndicaux et associatifs dans l’exercice de leurs mandats lors d’actions collectives, ainsi que le Code du Travail, pour ce qui concerne les hébergements des syndicats.

Nous réaffirmons aujourd’hui que la liberté syndicale est un droit humain universellement reconnu et protégé, une valeur fondamentale consacrée par la Constitution de l’Organisation internationale du travail, depuis 1919.

La liberté de l’action syndicale doit pouvoir s’ancrer dans des pratiques syndicales libres de toutes contraintes via un syndicalisme de contre-pouvoir, de transformation sociale véhiculant des valeurs de justice, de démocratie, d’égalité, de solidarité et de progrès social.

Vouloir empêcher l’expression de la démocratie sociale, des libertés syndicales, dans et hors de l’entreprise, est un aveu de faiblesse du patronat et du gouvernement.

Mais La répression s’exprime aussi dans la rue

Et là pas de discrimination entre manifestants surtout depuis quelques mois.

A Nantes particulièrement, chaque manifestation est sujette à des agissements policiers qui sont loin de la proportionnalité qu’on est en droit d’attendre venant des gardiens de la paix.

La stratégie policière, commanditée par la préfecture, envoie plutôt des forces de l’ordre. Ce distinguo est important : loin de servir à protéger les manifestants, la police est utilisée comme arme répressive au service d’un gouvernement qui broyant les droits des citoyens, entend mater toute révolte pour continuer son œuvre funeste.

Refaisons le film des derniers mois

Jusqu’au printemps dernier les manifestations se terminaient par un second tour du « cortège de tête » avide de continuer à défier la police et à contester la politique liberticide et répressive.

La BAC s’en donnait alors à cœur joie sur les jeunes révoltés à coup de flash ball, grenades de désencerclement et tonfa.

Depuis septembre les discussions entre la CGT, puis solidaires et les composantes librement organisées du mouvement social ont abouti à un constat : quelle utilité aux second tours ? Comment déconstruire la stratégie de l’affrontement qui desserre le mouvement social puisque l’image médiatique des aubettes cassées et de la ville sous les lacrymo nous est défavorable ? Alors que ce schéma convient très bien aux autorités. Quels nouveaux objectifs communs pouvons-nous accepter les uns et les autres ?

Ce fut le sens des actions symboliques : le mur de la résistance érigé faute de pouvoir murer la permanence nantaise du président de l’assemblée nationale. La maison du peuple pour réclamer un lieu où construire les luttes et une citoyenneté renouvelée. L’occupation pour une AG de la place royale en évocation de Mai 68. Nous n’y sommes jamais allé vu la force inouïe employée contre le cortège.

Ce rapprochement des forces du mouvement social semble bien compliqué à imaginer pour le pouvoir qui en est pourtant responsable. Devrions-nous baisser la tête et accepter notre sort et celui de nos proches. Devrions-nous retourner au travail et dans nos foyers en cédant à la fatalité d’un monde qui nous échappe, à la merci des puissants qui détruisent nos vies ?

Nous sommes des résistants comme nos anciens l’ont été à d’autres périodes sombres de l’histoire. Ce parallèle n’est pas fortuit. L’état de la démocratie, le recul des libertés, la précarité économique généralisée, le manque de culture politique et d’engagement citoyen sont autant de risque pour la paix et la vie dans une société pour tous.

Comme nous ne cédons pas, comme nous continuons à exiger de pouvoir manifester partout, et pas seulement où la préfecture veut bien qu’on aille, alors on nous punit.

Les camarades jugés aujourd’hui le sont pour faire un exemple : le camion de l’ul Sud Loire était visé, nous l’avons su quelques instant avant par une source préfectorale. Les camarades avaient été repérés par la BAC, la brigade anti criminalité qui n’a rien à faire dans le maintien de l’ordre. La même BAC qui, deux semaines plus tard est venue intimider la direction départemental de la CGT à la méthode barbouze : nous attendons toujours la réponse de la préfecture à notre plainte sur ces agissements.

Nos camarades, comme tant d’autres, subissent ou ont subi les conséquences de cette surenchère répressive : blessures avec plusieurs semaines d’ ITT, garde à vue et aujourd’hui jugement.

Depuis 20 mois à Nantes ce sont des condamnations à de la prison ferme de 1 à 8 mois, au moins 40 GAV et 43 comparutions immédiates. C’est ce qui est répertorié…c’est sans doute beaucoup plus...

Personne ne doit minimiser ce qui se passe en France et à Nantes particulièrement. La répression contre les opposants aux politiques antisociales est inacceptable : elle bafoue les droits constitutionnels ; elle est au service d’un pouvoir autoritaire qui n’assume pas de dire qu’il entend restreindre les libertés pour tous. Sauf pour ceux qui ont le pouvoir économique : ceux-là ont droit aux paradis fiscal quand on nous réserve l’enfer social….et la matraque sur la tête en plus.

Camarades de tous horizons, syndical ou non, défendons nos libertés et prenons le droit de revendiquer sous les formes que nous définissons collectivement sans attendre le quitus d’un pouvoir qui n’est pas légitime puisqu’il attaque son peuple.

Solidarité avec nos camarades et à bientôt tous ensemble et encore plus nombreux pour continuer la lutte !

Union Locale CGT Sud Loire

Contre la criminalisation de l’action syndicale Mobilisons-nous !

Camarades,

Nous sommes là pour soutenir et défendre Bertrand et Bruno interpellés le 21septembre 2017, mais aussi plus largement pour dénoncer la criminalisation de l’action syndicale et revendicative et défendre toutes ses victimes. Un manifestant arrêté le 12 septembre passe notamment en procès aujourd’hui.

Ce 21 septembre, la police a délibérément ciblé la CGT. Lors d’une attaque en règle du fourgon de l’union locale sud loire, la BAC a gazé, molesté, matraqué 9 camarades dont un dangereux militant de 86 ans... deux camarades ont été blessés par Flash ball Au moins neuf autres manifestants ont été interpelés. Cette attaque a généré une trentaine de jours d’ITT.

Ces agissements se sont déroulés à l’issue de la manifestation, lors de la charge des policiers en civil, fonctionnaire de leur État et donc normalement au service de la protection de la population et garant des règles de la république. Ils n’ont pourtant réagi à aucune violence des manifestants. Au contraire, chants, photos de groupes au pied du mur de la colère, ont symbolisés la fraternité, la solidarité entre des camarades d’horizons divers, tous unis contre cette politique toujours plus libérale au service de l’exploitation capitaliste.

Après les baqueux c’est Le parquet qui a pris le relais pour nos deux camarades interpellés, en prolongeant leur garde à vue à 48h puis en demandant une comparution immédiate avec déferrement. Heureusement Le juge des libertés a su raison garder et refusé le déferrement et reporté le procès à ce 14 décembre en contraignant toutefois à un contrôle judiciaire. L’un est interdit de manif l’autre ne pouvant se rendre à Nantes pourtant ville de domicile de sa fille.

Aujourd’hui 14 décembre, c’est le jour du jugement, ils risquent des peines d’emprisonnement pour des faits de violence… qui n’ont fait aucune victime.

Nous sommes là donc pour défendre nos camarades injustement inculpés, mais également pour obtenir des réponses à un certain nombre de questions :

Quelle est la raison de l’action disproportionnée des agents de la BAC ? Car il s’agit bien d’une disproportion puisque leur intervention autour du camion de l’Ul fait 9 blessés et génère une trentaine de jours d’ITT, pour interpeller un individu à qui l’on reprocherait des faits de violence (mais sans victime,),Qui a donné cet ordre ? Est ce qu’il s’agit de débordements individuels ou d’actions organisées ?

Quelle est la raison de l’action disproportionnée du parquet qui prolonge la garde à vue à 48h pour des faits reprochés ne relevant pas d’une grande complexité, et ne nécessitant donc pas des investigations très poussées, avant de réclamer une comparution immédiate avec déferrement dans l’attente du jugement. Ceci pour des camarades ayant plus de trente ans de militantisme sans aucun problème, et ne présentant aucun risque objectif de se soustraire à la justice ?

Est-ce que la garde à vue est devenue une mesure de répression ? Est-ce que cette disproportion vise à intimider ? Est-ce qu’à travers nos deux camarades, on cherche à toucher la CGT ? Est-ce qu’être militant CGT est devenu un facteur aggravant pour le parquet ?

Surtout, à qui sert le fait qu’une manifestation dégénère ? Ce 21 septembre, il n’y a eu aucun fait notable de violence ni de dégradation de la part des manifestants. Pourtant la police a scindé une première fois sans sommation le cortège par des grenades de désencerclement et gaz lacrymogène cours Olivier Clisson. A la fin de la manifestation c’est à nouveau la police qui est la cause de la violence. Qui a intérêt à décrédibiliser notre action et à empêcher des mobilisations de masse dans la rue en générant la violence ? Qui a intérêt à empêcher à tout prix que les différentes composantes de l’anticapitalisme s’unissent pour des actions communes ?

Ces questions doivent être posées, car ces faits relèvent bien d’une tendance plus large de criminalisation de l’action syndicale. En ce moment les camarades de la fonderie Bouhyer restent dans une procédure judiciaire après le gain de leur procès en appel … Le 20 février 2018 nous nous retrouverons à nouveau ici même, pour le jugement d’un camarade à qui l’on reproche d’avoir volontairement dégradé l’entrée de la banque Hsbc en « tentant de murer l’accès avec des parpaings » lors d’une manifestation qui s’est déroulée le 19 juin 2017…je vous invite d’ailleurs toutes et tous à signer la pétitionle 19 juin j’ai posé un parpaing ! Qu’on soit 500 à avoir posé un de ces 5 parpaings qui on s’en doute ont mis en péril cette banque, symbole du pire de ce système financier, symbole du pire du système capitaliste, outil de l’évasion fiscale, qui n’hésite pas à négocier avec l’Etat et lui verser 300 millions d’euros pour que elle, puisse éviter un procès….

Face à la violence du projet de société qui nous est imposé, excluant un nombre de plus en plus grand d’individus aux profits de seulement quelques-uns, nous n’avons pas d’autres choix que de nous unir, revendiquer, mener des actions militantes, parfois à la limite de la légalité, mais toujours en mesurant la proportionnalité entre l’action et la revendication. Le mouvement social s’est depuis toujours construit ainsi. La désobéissance est parfois un devoir.

Criminaliser ces formes actions, c’est entraver la liberté d’expression, c’est refuser le droit à manifester, c’est refuser le débat démocratique, c’est ignorer le peuple !

  • Nous affirmons que la brigade anti criminalité n’a rien à faire dans nos manifestations.
  • Nous revendiquons la liberté de nous exprimer sous toutes les formes, y compris par des formes d’actions symboliques en lien avec nos revendications.
  • Nous attendons la relaxe pour nos deux camarades et plus généralement nous affirmons que les faits relevant de l’action revendicative ne doivent pas relever d’un tribunal.

Et nous prévenons tous ceux qui pourraient penser le contraire : Nous resterons debout, déterminés, et toujours dressé contre l’oppression capitaliste !















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