Retour sur le meeting devant la centrale de Cordemais : discours et photos

jeudi 23 mars 2017

Dans le cadre de la campagne nationale de la CGT pour la reconquête de l’industrie et pour les services publics, l’Union Départementale CGT 44 appelait à un meeting devant l’usine de production électrique de Cordemais, en grève depuis 3 semaines.

Ce sont plusieurs centaines de personnes, militant-es de la CGT venant de tous les secteurs professionnels, qui se sont retrouvées sur le piquet de grève pour écouter diverses interventions.

En premier, Fabrice David, secrétaire général de l’UD 44 est revenu en détail sur les enjeux de cette bataille pour la réindustrialisation : enjeux de société, enjeux économiques, enjeux environnementaux. Il est revenu sur les dossiers en cours comme la lutte de Cordemais.

Discours SG UD 44 23 mars Industrie

Ensuite, notre camarade Mathieu Pineau, responsable CGT à la centrale de Cordemais est revenu sur les 3 semaines de luttes que viennent de vivre les électriciens. Avec ses tripes, avec son âme, il a rendu compte de tous les aspects de la lutte et des revendications des travailleurs. Il a aussi présenté succinctement (pour l’instant !) le projet de nos camarades pour la mutation et la continuité de l’usine de production électrique de Cordemais. Mais nous y reviendrons en détail très prochainement.

"Ici un jour, il y aura un vrai projet industriel. On a réfléchi à un vrai schéma" Mathieu Pineau, responsable #CGT #Cordemais #EDF pic.twitter.com/kqHTyTiU66
— Pierre Momboisse (@Pierre_Mo) 23 mars 2017

Le camaradeFabrice de la SIDES est revenu sur la lutte que mène sa boite pour sa survie et a rappelé qu’il est victime de la répression anti syndicale au motif qu’il a élaboré un projet de sauvetage et de développement industriel de son entreprise.

Le référent services publics de l’UD CGT 44 a ensuite fait le lien entre industrie et services publics et affirmé que d’autres choix de politiques publiques étaient possibles.

Le secrétaire confédéral de la CGT, Philippe Martinez, était présent, en soutien aux camarades en lutte. Il a aussi rappelé les enjeux de la campagne CGT pour la réindustrialisation.

Discours de Philippe Martinez a #cordemais #edf #CGT https://t.co/4uuu81LOeH
— Pierre Momboisse (@Pierre_Mo) 23 mars 2017

Troisième semaine de grève à #cordemais #EDF. La CGT44 mobilisée devant la centrale pic.twitter.com/WeQnsedJiw
— Pierre Momboisse (@Pierre_Mo) 23 mars 2017

Pas d’industrie sans services publics, pas de services publics sans industrie !

Pas d’industries sans services publics :

Les entreprises industrielles ont besoin d’accès aux services publics pour se développer et il y a plus de services publics là où il y a beaucoup d’activités industrielles. L’installation d’entreprises est en effet facilitée par les infrastructures existantes en termes de réseaux, écoles, santé.
Toutes ces activités sont sources d’emplois et de revenus pour les salariés, les fonctionnaires, les agents publics, les entreprises et donc pour les collectivités et l’État par le biais des impôts perçus.
Ces implantations nécessitent en retour le développement de nouveaux équipements publics et d’infrastructures (santé, énergie, communications, routes, transports collectifs, éducation, petite enfance, sports, culture…) également générateurs d’emplois et de revenus. Le développement industriel suppose aussi de forts investissements dans la recherche publique et dans la formation professionnelle. Il faut donc des services publics forts dans tout le pays pour contribuer au développement économique et à l’aménagement du territoire.

Pas de services publics sans industries

Les missions publiques nécessitent des moyens industriels pour fonctionner et il y a donc un lien avec la commande publique qui crée des débouchés pour le secteur industriel. Celle-ci doit reposer sur le mieux disant en tenant compte des critères économiques, sociaux et environnementaux (notamment dans les commissions d’achat de matériel). Elle doit prendre en compte les enjeux d’économie circulaire qui évitent les gaspillages dans les processus de fabrication et des circuits « courts » qui doivent profiter en priorité au développement local et limiter les déplacements. Le développement industriel est une des conditions de financement des services publics.
Quand une région se désindustrialise, cela entraîne une diminution de l’offre de services publics – quand ce n’est pas leur fermeture – qui conduit à la désertification de ces territoires.

La reconquête industrielle que nous voulons doit aussi pouvoir s’appuyer sur une action forte des politiques publiques et en premier lieu, celles de l’État et de ses services.

La CGT revendique la création d’un pôle financier public pour assurer le financement de l’économie réelle. C’est un moyen pour que le système bancaire et financier soit au service du développement de l’industrie, ce qui implique d’inverser la logique actuelle où c’est l’industrie qui est au service de la finance.

L’autre levier des politiques publiques est la fiscalité. Pour cela il faut rompre avec les politiques actuelles, où le patronat est inondé d’aides publiques et d’exonérations fiscales et sociales inefficaces comme le CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) ou le CIR (Crédit d’impôt recherche), et ce sans aucun contrôle ou contrepartie. Une réforme fiscale ambitieuse est aussi indispensable, elle doit comporter des mesures favorisant les activités de production et l’emploi.
Tout cela doit s’accompagner d’un contrôle accru des aides publiques aux entreprises pour qu’elles servent réellement à l’emploi et au développement économique. Tout le contraire du plan de subventions de 253 millions d’€ du conseil régional de M Retailleau, qui vont être accordées sans aucun droit de regard, sans aucun contrôle, sans contrepartie !
Ce plan intitulé « plan régional pour l’industrie du futur » vise pour l’essentiel à améliorer l’automatisation et la numérisation des entreprises industrielles ! On comprend mieux pourquoi aucun engagement sur l’emploi l’industriel n’est demandé aux bénéficiaires !

Il faut d’autres politiques publiques :

Les politiques d’austérité, la réforme territoriale, celles de l’État et de l’hôpital sont des outils d’adaptation de l’action publique aux impératifs du capital, au détriment des besoins des usagers et des conditions de travail et d’emploi des agents. Ces politiques sont partout en échec et provoquent chômage, paupérisation, désindustrialisation, affaiblissement de la cohésion sociale. Il est urgent de rompre avec cette orientation destructrice.

Pour conclure, nous sommes aujourd’hui rassemblé-es devant une usine de production électrique qui appartient à EDF, Société Anonyme depuis 2004 mais qui a été, à sa création en 1946, un établissement public industriel !

Cette usine de Cordemais illustre donc parfaitement le lien fort entre industrie et services publics, car pour rendre un service public de l’énergie, nous pouvons et devons avoir une industrie de production publique !

Rappelons donc à quel point la nationalisation est une idée moderne et utile au plus grand nombre et portons les revendications de la CGT sur la création d’un pôle public de l’énergie.

Soutien aux camarades de Cordemais !


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