Retour sur la manif du 09 avril à Nantes

vendredi 10 avril 2015

Une journée d’action réussie pour le 44 avec 5 000 personnes dans les rues de Nantes et 2 000 personnes à Saint Nazaire, et la participation de 450 cégétistes à la manif parisienne.

La prise de parole CGT à Nantes :

LOI MACRON, RIEN N’EST ENCORE JOUÉ, NON AUX POLITIQUES D’AUSTÉRITÉ

Cher-es camarades,

Nous n’en pouvons plus des politiques d’austérité qui se succèdent avec une belle régularité et avec des résultats tout aussi constants : aggravation de la crise pour les travailleurs, accroissement des profits pour les multinationales et leurs actionnaires.

Chaque jour, la société française s’enfonce un petit peu plus dans la crise. Le marqueur symbole de cette inefficacité sociale des politiques menées, ce sont les chiffres du chômage. Bientôt 6 millions de chômeurs, dont un grand nombre ne touchent aucune indemnité ou se font spolier avec le système des droits rechargeables que la CGT a dénoncé dès le départ !

Jusqu’où iront-ils dans la destruction de l’emploi ? Je vous le dis, ils iront jusqu’au bout pour abreuver la finance, ils iront jusqu’au bout si nous, les travailleurs, ne nous mettons pas en mouvement pour arrêter ces logiques mortifères.

C’est le sens que l’on doit donner à cette journée du 09 avril qui n’est qu’une étape dans la construction d’un rapport de force qui se retourne en notre faveur, contre le Capital, contre la Finance.

A contrario, le gouvernement s’entête dans sa politique dite de « l’offre ». Que cache cette pompeuse appellation ? Juste que l’État, la puissance publique, l’argent public, va alimenter les caisses des entreprises sans aucune contrepartie sociale.

Bien au contraire, cette politique qui a redonné 50 milliards aux entreprises avec le pacte de responsabilité, 50 milliards qui viennent se rajouter aux 180 milliards qui existaient déjà, cette politique déjà profondément injuste s’accompagne de multiples offensives contre les droits des travailleurs.

La loi Macron qui nous réunit plus particulièrement aujourd’hui illustre cela jusqu’à la caricature. Cette loi est particulièrement dégueulasse. C’est sans doute pour cela que, pour faire passer en première lecture les 106 articles, les 200 sous-chapitres et les 19 ordonnances du projet, le gouvernement a été contraint au coup de force et à user du 49-3. Mais le projet n’est pas passé pour autant. Les 106 articles toxiques du projet arrivent au Sénat du 12 au 27 avril. Ensuite, il y aura une commission mixte paritaire. Puis, ce sera le retour à l’Assemblée, en mai. Nous sommes donc aujourd’hui toujours dans les temps pour faire retirer ce projet. Et pour construire la mobilisation, il faut faire connaître ce projet de loi.

Des millions de Français croient encore que c’est une loi sur le travail du dimanche… Qui sait qu’il y a une destruction supplémentaire de la protection des salariés face aux licenciements ? Et que les recours devant les tribunaux seront sans effet ! Qui sait que la modification de l’article 2064 du Code civil permet que des contrats de travail deviennent des contrats civils ordinaires et ne relèvent plus du Code du travail, ni des prud’hommes ? Que le travail de nuit est aggravé ? À qui a-t-il été expliqué que le droit pénal du travail serait remplacé par une négociation en « plaider coupable » avec les DIRECCTE, sans que les patrons aient à craindre les juges correctionnels ? Que l’inspection du travail sera encore affaiblie ? Qui sait que nos hôpitaux publics pourront investir dans des hôpitaux privés à l’étranger ? Qu’il y a un programme de 8 à 10 milliards de privatisations ? Que la protection du travail des enfants de 14 à 18 ans sera affaiblie ? Qui sait que le statut des handicapés au travail va régresser ? Que des femmes pauvres et précaires seront obligées de travailler 52 dimanches par an pour vendre des gadgets dans les gares et sans majoration de salaire ?

En 1898, le syndicaliste révolutionnaire Fernand Pelloutier écrivait : « Ce qui manque à l’ouvrier, c’est la science de son malheur ». Cette science, il ne la trouvera pas dans la glose libérale d’un Emmanuel Macron qui ne lui apportera pas la science mais le bréviaire de la soumission à l’ordre capitaliste du monde.

C’est donc à nous toutes et tous ici présent d’aller informer nos collègues de travail, les retraité-es, les précaires, les privé-es d’emploi, sur ce qui se cache derrière ce projet de loi. À nous de convaincre qu’il ne faut pas céder à la lassitude, voir au désespoir, devant un gouvernement tout acquis au monde de la Finance.

Nous avons le pouvoir de changer les choses, tous ensemble. Ce n’est pas un hasard si Rebsamen s’attaque aux droits syndicaux. Ce n’est pas un hasard si la répression contre les syndicalistes se déchaîne à la Poste. Ce n’est pas un hasard si les sanctions disciplinaires pleuvent à l’inspection du travail. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement travaille à une loi de surveillance généralisée qui ciblera notamment les mouvements sociaux ! Ils veulent bâillonner les salarié-es !

Ce n’est pas un hasard si le syndicalisme apparaît comme un obstacle gênant à la bonne marche des affaires. Deux chercheuses du Fonds Monétaire International, dans une étude qui couvre la période 1980-2010, notent que les syndicats permettent d’abord de freiner les inégalités en assurant une « distribution des salaires » plus équitable et en faisant pression sur les autorités pour s’engager dans cette voie. Mais surtout, notent les chercheuses, une faible syndicalisation « réduit la capacité de négociation » des salariés sur leur rémunération, au bénéfice des actionnaires et des plus hauts revenus. Pour les deux économistes du FMI des syndicats plus faibles peuvent également réduire « l’influence » des salariés sur les décisions liées aux plus hauts revenus dans les entreprises, telles que l’ampleur et la structure de leur rémunération.

On comprend mieux après cela sur quoi le Medef fonde son discours sur la modernisation du dialogue social. Puisqu’il ne peut complètement éliminer le fait syndical, il entend le neutraliser pour éviter de déplacer le curseur du partage des richesses.

Nous avons notre propre feuille de route à la CGT :

d’abord, nous voulons vivre de notre travail : salarié-es payés au Smic, privé-es d’emploi, retraité-es, bénéficiaires des minima sociaux, nous exigeons de porter le Smic à 1700 euros bruts, d’augmenter les minima sociaux, de dégeler les pensions de retraite et les porter au niveau du smic revendiqué par la CGT.
Nous voulons en finir avec le blocage des salaires des fonctionnaires

Nous exigeons l’égalité effective des salaires entre les femmes et les hommes, tout de suite !

Nous voulons préserver nos retraites complémentaires sans reculer l’âge de la retraite

Nous voulons développer et renforcer les services publics locaux
Ces services publics de proximité et de qualité doivent être préservés et développés sur tout le territoire. Ils doivent être dotés de personnels en nombre suffisant, sous statut public, formés.

Battons-nous pour que les richesses crées ne soient pas pillées par les actionnaires

En moyenne, chaque salarié du privé travaille aujourd’hui 45 jours par an pour payer leurs dividendes aux actionnaires alors qu’en 1981 ils représentaient 10 jours de travail par salarié. Selon une étude faite pour Le Monde et publiée le jeudi 5 mars, les entreprises du CAC40 ont vu leurs bénéfices progresser de 33 % en 2014 pour atteindre 62,4 milliards d’euros. Et cela alors même que le chiffre d’affaires de ces sociétés est demeuré quasi stable à 1222 milliards d’euros (+0,1%). Les actionnaires du CAC40 ont reçu l’année dernière 56 milliards d’euros. On se rapproche du record de l’année 2007.

Pour les actionnaires, la crise est donc bel et bien derrière. Concrètement, pour parvenir à cette croissance démente des dividendes, sur les 40 sociétés composant l’indice CAC40, vingt-quatre ont mis en place des plans de réduction de coûts, poursuivant la baisse des « frais de structure » et des coûts de production. Nous avons besoin au contraire que nos salaires augmentent, que nos qualifications et nos responsabilités soient reconnues. Pour développer les investissements productifs et la recherche. Pour financer la protection sociale.

Battons-nous pour notre Sécu, notre retraite

Pour répondre aux besoins en matière d’accès aux soins, de retraite, de prestations familiales, il faut augmenter les ressources. Nous pouvons y parvenir par :

  • la création d’emplois stables et correctement rémunérés ;
  • une croissance réactivée par une véritable politique industrielle et des services publics performants ;
  • une distribution des richesses crées plus favorable au monde du travail ;
  • l’augmentation / revalorisation des salaires.

Parce que pour gagner, il faut lutter

Depuis plusieurs semaines, les conflits se multiplient, notamment à l’occasion des négociations annuelles obligatoires. Ces mobilisations touchent aux salaires, à l’emploi, aux conditions de travail. Ainsi, chez Airbus Nantes, les salariés se sont battues pendant 2 semaines contre une réorganisation des planning de travail, véritable plan de restructuration, ainsi chez Pomona, les salariés se sont battus pendant plus de 8 jours pour les augmentations de salaire, et ça fait maintenant 22 jours que les salarié-es de radio France se battent pour sauver leur outil de travail et le service public,…

Poursuivons notre mobilisation dès demain, la journée du 09 avril n’est qu’un point d’étape. Demain les salarié-es des Hauts Thébaudières seront devant l’ARS à partir de 09h00 pour lutter contre l’Hostérité, demain les camarades d’Airbus reprendront la lutte. Partout dans les entreprises, allons à la rencontre des salarié-es pour les écouter et initier des luttes.

Partout nous dirons : ça suffit ! Assez d’austérité ! D’autres choix sont possibles ! Partageons les richesses, pas la misère !













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