lundi 12 avril 2021

Le gouvernement ne tire aucune leçon d’une année de crise sanitaire !

mardi 6 avril 2021

Une situation sanitaire explosive, des contaminations qui s’accélèrent, particulièrement avec les variants du virus et qui touchent de plus en plus de personnes et de régions, une surmortalité constatée proportionnelle aux inégalités sociales ou territoriales et le président de la République s’auto-congratule dans son allocution télévisée.

Alors que la vie familiale, professionnelle et sociale de tous est mise entre parenthèses depuis plus d’un an, aucune annonce gouvernementale ne témoigne d’une prise de conscience des raisons objectives de ce troisième confinement nationale qui ne dit pas son nom.

Pas un mot sur ce qui a conduit les hôpitaux publics et les services de santé en général à être au bord de l’implosion.

La CGT alerte, depuis des mois, sur les suppressions de moyens, en particulier les besoins en recrutement de personnels soignants formés, qualifiés et payés, la nécessaire ouverture de plus de lits particulièrement en réanimation, la réouverture d’établissements ou de services fermés.

Où sont les 14 000 lits promis par Emmanuel Macron ?

Pourquoi continue-t-il à fermer des hôpitaux ?

La réalité est sans appel, les déprogrammations de soins et d’actes chirurgicaux se multiplient et de nombreux patients atteints de maladies graves voient leur prise en charge retardée mettant en péril leur chance de guérison.

Les personnels soignants sont épuisés, exposés et, souvent, tellement en sous-effectif qu’ils renoncent à protéger leur propre santé.

Macron ose rappeler les applaudissements alors que les personnels attendent toujours une véritable reconnaissance salariale et un plan de recrutement de plus de 400 000 emplois dans la Santé, les Ehpad et l’aide à domicile.

Il en est de même pour les annonces concernant l’éducation nationale, pas un mot sur les suppressions de classe contre lesquelles les personnels se mobilisent en ce moment, les sections en sureffectif qui expliquent grandement les difficultés rencontrées pour exercer des missions de service public de qualité et pour protéger et faire respecter les consignes sanitaires de l’ensemble de la communauté éducative.

C’est un plan d’urgence massif pour l’emploi dans l’éducation et les universités qui est plus que nécessaire !

Pas un mot en direction de la jeunesse sacrifiée qui souffre et peine à survivre avec des aides dérisoires.

Au lieu de cela, les familles vont devoir gérer, du jour au lendemain, un nouveau calendrier de vacances scolaires.

Elles risquent d’être confrontées à de multiples difficultés pour concilier la garde de leurs enfants et la poursuite de leur activité professionnelle.

Rien n’est prévu pour éviter que la majorité des parents en télétravail et particulièrement les femmes ne soient dans l’obligation de conjuguer cours à la maison, garde d’enfants et travail.

La CGT dénonce d’ailleurs le risque de dérives en matière de droit du travail rendu possible dans le cadre de la prolongation de la loi d’urgence (jours de congé imposés, remise en cause de la prise en charge en chômage partiel, etc.).

Ce président MACRON ose nous provoquer en parlant de la campagne de vaccination.

En effet, il est indiscutable aujourd’hui que l’insuffisance d’approvisionnement en vaccins trouve ses causes dans la casse de la recherche publique et de l’appareil productif du médicament.

Les milliers de suppressions d’emplois à Sanofi en témoignent.

Là encore, nous subissons de plein de fouet les conséquences d’une politique néolibérale ancienne de déconstruction de la recherche publique et de privatisation de cette dernière en matière de vaccin. Nous subissons aussi le fait d’avoir laissé les reines de la politique industrielle en matière de traitement et de vaccin aux industriels eux-mêmes engagés dans une concurrence et une course aux profits en totale déconnexion avec les besoins sanitaires et sociaux de la population. Face à l’échec de cette politique du tout marché, et à l’incapacité de notre système productif pharmaceutique à produire un vaccin, le gouvernement avait les moyens législatifs pour imposer le partage des brevets des vaccins existants et faire en sorte que toutes les usines françaises se tournent vers la production de vaccin.

Pour sortir de cette crise sanitaire rapidement, une seule décision politique doit être prise.

Il faut réellement faire des vaccins un bien humain mondial, libérer les brevets.
Cela permettra de produire, en France et Europe, non seulement des flacons comme actuellement mais des doses de vaccins en suffisance, y compris pour l’ensemble des pays en attente. Rappelons que 130 pays, soit 2,5 milliards d’êtres humains, n’ont reçu aucune dose et que seuls 10 États ont utilisé à eux seuls 75% des doses disponibles.

Toutes les conditions sont réunies pour obtenir de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) cette possibilité prévue légalement et, pourtant, la France est un des pays à avoir voté contre la levée temporaire de la propriété intellectuelle demandée par l’Afrique du Sud et l’Inde.

À la fin de cette communication méprisante et éloignée des préoccupations des Français, Emmanuel Macron fixe une nouvelle échéance, un « bout du tunnel » hypothétique de réouverture des commerces et des lieux de culture, alors qu’il vient de décider d’en fermer encore plus pour 4 semaines.

Combien se relèveront ? Quels impacts sur les milliers d’emplois de salariés particulièrement des TPE ? Il n’en dit mot !

Pas un mot en direction du monde du travail, de ces salariés de « deuxième ligne » si essentiels à notre société.

C’est d’un plan de rupture qui rompt avec la gestion uniquement comptable des problèmes dont le pays a besoin pour sortir de la crise.

Pour la CGT, ce discours présidentiel impose que les travailleuses et les travailleurs se mobilisent pour exiger un véritable changement de cap.

Tous ces choix sont loin d’être simplement techniques ou scientifiques, ce sont des choix politiques ! Parce que ces choix sont politiques et qu’ils ne répondent à aucune fatalité, la CGT demande immédiatement :

  • • Des emplois massifs de personnels dans les hôpitaux et dans les soins (400 000 emploi répartis), un plan de formation pour les personnels de la santé et le maintien des lits ouverts en réanimation.
  • • Que les formules des vaccins quasi entièrement financés par l’État soient libres, et que les usines en capacité de produire ces vaccins soient mobilisées. La première condition pour faire du vaccin un bien commun, est donc de lever le système des brevets et d’imposer le partage des formules des vaccins.
  • • Que l’État impose une planification de la recherche et de la production aux entreprises qu’il finance. Pour la CGT, la régulation doit passer par un pôle public de santé intégrant les industries de santé, avec une gouvernance démocratique regroupant tous les acteurs, patients comme travailleurs du secteur, soustrait de toute mainmise des laboratoires privés et des entreprises d’assurance et de la logique capitaliste de retour sur investissements pour les actionnaires (voir ici notre proposition)
  • • Pour la distribution et l’organisation de la campagne de vaccination, la CGT appelle à ce que ce soit l’administration publique en coopération avec la Sécurité sociale qui organise et distribue le vaccin. Les organisations de la Sécurité sociales sont en effet ancrées dans des réseaux nationaux et locaux et permettent grâce à ses administrateurs représentants des travailleurs une circulation démocratique des connaissances essentielles à une campagne de vaccination efficace et répondant aux besoins sanitaires de la population.

Nous applaudissons ceux qui luttent dans ce contexte inédit : la santé, le médico-social, la culture, les territoriaux, l’énergie, les retraités, les métallurgistes, les AESH …

Nous donnons rendez-vous pour un printemps des luttes :

  • • pour l’emploi,
  • • pour le renforcement des services publics, particulièrement de la santé et de l’éducation,
  • • pour le droit de toutes et tous d’être protégé et d’avoir accès à la vaccination.














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