Le point sur la lutte des cheminot.es et ses enjeux

dimanche 27 mai 2018

Intervention des Cheminot.es - Manifestation Nantes 26/05/18

Bonjour à tous, étudiants, travailleurs du privé, de la fonction publique. J’adresse mes salutations également aux victimes du chômage, de la précarité, aux retraités. Bonjour à tous les participants à cette belle et grande marée populaire qui sont venus nombreux aujourd’hui dire NON, STOP à MACRON, pour dire que son projet de société on en veut pas.

Je m’exprime non seulement au nom de la CGT des cheminots mais dans le cadre d’une unité syndicale des 4 organisations représentatives à la SNCF qui doit être maintenue car les propositions faites hier par le premier ministre sont insuffisantes et nous engagent à poursuivre notre mouvement qui s’oppose à la réforme ferroviaire imposée par l’État. Sans entrer dans les détails, il est clair que cette réforme est dogmatique et stérile car elle ne répond en rien aux véritables enjeux du ferroviaire.

La forme inédite du mouvement entamé le 03 avril, grève carrée de 2 jours sur 5, nous permet de maintenir la pression sur le gouvernement et la direction de la SNCF qui se veulent inflexibles. Mais les basses manœuvres médiatiques pour discréditer les cheminots face à la population et les coups bas de la Direction SNCF pour casser la mobilisation n’ont pas eu la prise escomptée. Les usagers, les travailleurs du public et du privé comprennent en grande majorité que la réforme proposée par MACRON ne répond en rien aux véritables enjeux, que l’ouverture à la concurrence ne présente en aucun cas une solution, au contraire, c’est la fin du service publique, la fermeture de lignes, de gares, l’augmentation déjà annoncée des abonnements régionaux.

Macron et ses valets imposent cette réforme en occultant de tout repère économique, social et environnemental sérieux. Le gouvernement enterre tout espoir d’un véritable développement d’un mode de transport plus respectueux de l’environnement, apte à offrir une véritable alternative à la route.

Après 8 semaines de conflit et 22 jours de grève. Nous avons un élément de mesure, au-delà des chiffres de grève, du nombre de participants aux Assemblées Générales ou dans les actions : c’est celui de l’engagement mis par les cheminots à participer à la consultation organisée par les 4 organisations syndicales représentatives à la SNCF au travers de la démarche Vot’Action. Malgré un délai court pour organiser le vote, les nombreux obstacles de la direction pour contrer sa réussite et l’interdiction d’utiliser les locaux de l’entreprise dans certains endroits, les cheminots se sont massivement déplacés pour voter, à hauteur de 61 %.

Le résultat du vote est clair, 95% des cheminots quel que soit leur collège ne veulent pas de cette réforme.

Mais l’essentiel reste à gagner. A savoir, l’ouverture de véritables négociations sur l’ensemble des 8 points de la plateforme revendicative unitaire et particulièrement sur les trois piliers structurants du projet de réforme que sont la dette du système ferroviaire, l’ouverture à la concurrence et le statut de l’entreprise.

Aujourd’hui, en votre présence, je lance cette alerte : l’avenir du Service Public ferroviaire SNCF ne saura être déterminé par le seul niveau d’engagement des cheminots dans la lutte ! Pas plus que ne saura l’être celui de la Santé, de l’Éducation, de l’Énergie, et d’autres encore, par les seuls infirmiers, enseignants, électriciens ou gaziers.

Les cheminots ne sont pas l’alpha et l’oméga de la résistance sociale, ils ne peuvent porter seuls le poids du combat contre une réforme systémique qui concerne des millions d’usagers et dont nous nous accordons tous à dire qu’elle en préfigure d’autres. Les marques de sympathie et la solidarité financière, bien qu’importantes et appréciées, ne sauraient se substituer à une implication individuelle et collective plus profonde de nos collègues, de nos concitoyens, des militants politiques et syndicaux, de tous les progressistes, sur leurs territoires et dans leurs entreprises, pour créer les conditions de la mobilisation des citoyens et des salariés, tous usagers de ces services publics et eux-mêmes quotidiennement exposés à la pression permanente du Capital et aux dégâts qu’il provoque.

Mais à l’inverse, il ne s’agit pas non plus de tomber dans le piège des slogans faciles et des appels incantatoires à la résistance sociale et à la convergence des luttes. Pour qu’elles convergent, il faut que les luttes existent ! Et pour qu’elles fassent masse, il faut qu’elles soient nombreuses ! C’est une démarche longue, fastidieuse, exigeante, souvent ingrate, mais ô combien nécessaire et salvatrice pour le mouvement social en quête de rapport de force pour servir le progrès !

Battons-nous dans nos entreprises, avec les salariés ! Valorisons chaque victoire arrachée au patronat, si minime soit-elle ! Ne renions rien de nos valeurs et n’abdiquons pas sur nos revendications !

C’est cette volonté et cette conviction qui donneront corps à la solidarité des luttes, de classe et de masse ! C’est cette solidarité des luttes qui nous permettra de stopper la course folle du projet de société féodal du roi MACRON !

Pour conclure, depuis toujours, la SNCF appartient non seulement aux cheminots mais à vous tous. Elle fait partie de notre patrimoine. Refusons qu’elle soit bradée pour des raisons libérales et dogmatiques. Le combat est dur, la lutte sera longue mais la victoire n’en sera que plus belle !! Les cheminots ne lâcheront rien.















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