EHPAD, une mobilisation réussie qui ne restera pas sans suite

mercredi 31 janvier 2018

Près de 1000 manifestants à Nantes et plusieurs centaines dans les Ehpad de Loire-Atlantique (300 à St-Gildas-des-Bois, 150 à Trignac, 200 à Chateaubriant...). La mobilisation d’aujourd’hui est un réel succès. Le combat va se poursuivre pour une digne prise en charge de nos aîné-es, pour de bonnes conditions de travail pour les agents/salariés et pour des moyens financiers en adéquation avec les besoins grandissants.

Prise de parole CGT Manifestation du 30 janvier 2018

La Fédération CGT Santé action sociale, l’UD CGT 44, les personnels des EPHAD, venus nombreux ce jour, sont là pour dénoncer les conditions d’accueil et d’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie.

Depuis de nombreuses années, Les personnels des EHPAD (privées, publics, privées à but non lucratif) tirent la sonnette d’alarme : le manque de personnels est considérable reconnu de tous, mais les réponses apportées ne sont pas à la hauteur
La proposition de la ministre était de débloquer 100 millions d’euros déjà prévus. Les calculs sont vite fait car, divisé par le nombre d’EHPAD, cela revient à 12000 euros par structure, soit 0,3 temps plein pour une ASH. . Le compte est loin d’y être !

Ce ne sont pas les 50 millions supplémentaires annoncés pour calmer le mouvement de grève d’aujourd’hui qui seront suffisants !

La prise en charge indigne des résidents est source de souffrance au travail !
Dans l’industrie, on humanise les robots alors que dans les EHPAD, on robotise les humains !

Une aide-soignante fait en moyenne entre 12 et 15 toilettes par matinée. Quand on parle de toilette on parle bien sûr de faire la toilette, d’habiller, de lever, de faire prendre un petit déjeuner et les médicaments, de refaire le lit, limitée à 6 minutes ensuite, passer à un autre résident…

Est-ce que vous, mes collègues, et eux, nos dirigeants, nos politique en marche, mettent 6 minutes pur se lever, laver et petit déjeuner ?

6 minutes est donc inhumain !

Donc il n’y pas le temps pour parler au résident, le rassurer, lui expliquer les soins qu’on lui prodigue… Dans les EHPAD du département, comme partout en France, les aides-soignantes ne sont pas assez nombreuses et souvent remplacées par des personnels non diplômées. La présence d’une infirmière est le plus souvent limitée à la journée, ce qui fait que les médicaments sont distribués tard et à toute vitesse, alors que le grand âge demande du temps. Pour exemple, il y a seulement une infirmière pour plus de 60 résidents. Le personnel est épuisé, frustré de ne pas pouvoir faire son métier avec empathie, Beaucoup viennent travailler la boule au ventre et sous traitement ! De nombreux personnels des EHPAD sont cassés par leurs désastreuses conditions de travail et on assiste à des licenciements pour inaptitude dans le privé et en attente de reclassement ou mise en retraite pour invalidité dans le public !

On est très loin de la bientraitance et de la bienveillance prônées par nos dirigeants ; les personnels des EHPAD ne sont pas en situation de faire leur travail correctement et dans le respect de la personne humaine.

  • Quand notre ministre se permet de dire que les EHPAD doivent être des lieux de vie, nous en donne t-elle les moyens ?
  • Quand les ARS nous demandent de ne prendre que des résidents dépendants,
  • Quand on nous parle de mauvaise organisation alors que nous ne sommes que 2 par étage et ou service
  • Quand les agents doivent faire plus de 20 chambres dans la journée, servir les petits déjeuners, faire le ménage des pièces communes……

Non, madame la ministre, ce n’est pas possible et il ne s’agit pas d’un problème d’organisation !

Depuis longtemps on se réorganise tous les jours pour faire face à l’absentéisme. Toujours mettre les organisations en avant, ça suffit !)

Les résidents des EPHAD ont des pathologies multiples qui évoluent, ainsi que leur autonomie, à aucun moment le nombre de soignants n’augmente, comment les traiter avec toute la dignité qu’ils méritent après une longue vie de travail dans ses conditions !

Non, madame la ministre, nous ne sommes pas d’accord avec vous !!!!
Les salariés des EPHAD que nous sommes ne sont que des soignants qui aimons notre métier et qui refusons de maltraiter nos ainés. Nous sommes dans la bienveillance et refusons de continuer comme ça.

  • On nous apprend à l’école à faire une toilette complète au lit en 40mn et celle-ci est faite en 6 mn dans nos structures,
  • On met les gens en fauteuils roulants pour aller plus vite lors des déplacements, au lieu de leur prendre le bras pour les aider à marcher, on mixe l’alimentation car ainsi elle est plus facile à manger. En effet, faire manger 6 résidents en 45 MN relèverait d’une gageure autrement !
  • On limite les changes à deux changes par jour par souci d’économies !!!!!

Oui, madame la Ministre, ceci s’appelle de la maltraitance institutionnelle et ce n’est pas un problème d’organisation managériale !

Quand hier une sortie avec les résidents se faisait avec trois soignants et 4 résidents à pied et un en fauteuil, aujourd’hui c’est quatre résidents en fauteuils et un à pied, autant dire que les résidents ne sortent plus des structures !

Notre premier ministre se permet de prendre un avion à 350 milles euros pour gagner UNE heure alors que nos anciens ne respirent même pas l’air de dehors !!!!!
Non, nous ne pouvons pas accepter une telle situation !!

Quel résident, quelle famille peut tolérer un tel dédain du gouvernement vis-à-vis de personnes qui n’aspirent qu’à finir leur jour dans le respect et la dignité ?

La CGT exige la création immédiate d’emplois afin d’atteindre le ratio d’un soignant ou d’une soignante par résident, elle revendique aussi également la création d’un droit à l’autonomie dans le cadre de la branche maladie de la sécurité sociale et d’un grand service public de la santé et de l’action sociale, excluant les établissements privés commerciaux.

Pas d’argent de la sécurité sociale pour rémunérer les actionnaires !
Redonnons aux personnels des EHPAD les moyens nécessaires pour prendre en charge les résidents de manière digne, respectueuse et répondant réellement à leurs besoins de soins et d’accompagnement.

Cette journée en appelle d’autres, car déjà hier la députée de la République en marche arrière de Saint-Nazaire annonçait qu’il ne fallait pas se plaindre et que 150 millions d’euros pour 2018 c’était déjà pas mal ! C’est sûr que comparer aux 4 milliards de cadeaux pour les 100 plus riches, nous n’avons pas à demander plus !
De qui se moque t-on ?

Ils ne pensent qu’aux sous, nous on ne pense qu’aux soins ! Alors restons mobilisés et soyons prêts à participer à toute prochaine initiative















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