Pour l’accueil des Mineur-e-s Isolé-e-s Etranger-e-s

vendredi 1er décembre 2017

Depuis le mercredi 15 novembre des mineur-e-s isolé-e-s étranger-e-s occupent le rez-de-chaussée du bâtiment Censive de l’Université de Nantes. Depuis dimanche 26 novembre, ils/elles ont également décidé d’occuper le Château du Tertre. Ces occupations ont pour but d’héberger ces mineur-e-s – qui sont près de 300 dans l’agglomération nantaise à se trouver actuellement sans logement décent, et dont 80 vivent dans la rue – et de dénoncer l’inaction et l’hostilité des pouvoirs publics. En effet, depuis août 2015, le Conseil Départemental de Loire-Atlantique refuse la mise à l’abri de ces jeunes le temps de l’évaluation de leurs dossiers comme la loi l’y engage, ainsi que le protocole Taubira qui prévoyait la prise en charge des migrant-e-s dans le département. La Mairie de Nantes, quant à elle, a choisi d’expulser dimanche 19 novembre les mineur-e-s et leurs soutiens de l’ancienne école des Beaux-Arts, premier lieu d’hébergement envisagé.

L’expulsion de ces jeunes ne pourrait qu’aggraver leur situation, déjà extrêmement précaire.

C’est pourquoi, militant-e-s syndicalistes, membres du personnel de l’Université de Nantes, nous interpellons la Présidence de l’Université : prenant acte de la tolérance dont elle a fait preuve jusque-là à l’égard de l’occupation des bâtiments de l’Université, nous lui demandons de maintenir l’hébergement provisoire de ces mineurs, tant que les pouvoirs publics n’auront pas mis en place des solutions pérennes. Nous nous opposons fermement à toute intervention des forces de l’ordre sur le campus, qui mettrait à nouveau ces mineurs à la rue. Nous attendons également de la Présidence de l’Université de Nantes qu’elle interpelle les pouvoirs publics (préfecture, conseil départemental et mairie de Nantes) pour que des solutions viables d’hébergement et de prise en charge soient proposées aux mineur-e-s concerné-e-s, comme l’a fait Nathalie Dompnier, présidente de l’Université Lumière Lyon 2, confrontée à la même situation.

Pour le droit à l’éducation des mineur-e-s

Par ailleurs, suivant la ligne du Conseil Départemental, qui conteste la minorité de certain-e-s de ces jeunes, l’inspection de l’Académie de Nantes s’oppose à leur scolarisation. C’est ainsi que certain-e-s mineur-e-s se sont vu-e-s refuser leur inscription dans des établissements publics d’enseignement secondaire qui étaient prêts à les accueillir, au prétexte que leur minorité n’était pas établie. Or, selon Action Jeunesse Scolarité, qui assure leur suivi scolaire, les recours visant à faire reconnaître leur minorité aboutissent dans la plupart des cas. En refusant de leur accorder une présomption de minorité, l’inspection académique leur interdit donc l’accès à un droit essentiel : le droit à l’éducation, pourtant théoriquement garanti.
C’est pourquoi, militant-e-s syndicalistes, enseignant-e-s du primaire, du secondaire et du supérieur, nous demandons au rectorat et à l’inspection de l’Académie de Nantes un accueil inconditionnel de ces jeunes dans les établissements d’enseignement public.

Pour un vaste mouvement de solidarité

Nous appelons l’ensemble des personnels du primaire, du secondaire et du supérieur à se joindre au vaste mouvement de solidarité qui se constitue en soutien aux mineur-e-s isolé-e-s étranger-e-s et à se rendre sur les lieux occupés pour y apporter leur aide. Les formes de soutien sont variées, des cours de soutien aux dons de fournitures scolaires. Nous les invitons ainsi à prendre directement contact avec Action Jeunesse Scolarisation1, qui, face à l’abandon des pouvoirs publics, assure la scolarisation des mineur-e-s grâce à un réseau d’enseignant-e-s bénévoles ou par leur inscription au sein de l’enseignement privé.















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