Retour sur la mobilisation du 19 octobre

vendredi 20 octobre 2017

2000 manifestants dans les rues de Nantes aujourd’hui, 500 à St-Nazaire, contre les ordonnances et les multiples attaques macroniennes. Pour un code du travail du 21ème siècle, pour les 32 h semaine, pour une sécurité sociale professionnelle, pour des politiques industrielles et des services publics qui répondent aux besoins de la population... On lâche rien !

Prise de parole Nantes manif 19 octobre 2017 (14h préfecture) - Anthony Lemaire

La CGT a décidé de poursuivre la bataille contre les projets d’ordonnances portant sur le Code du Travail. La CGT poursuit le combat pour un Code du Travail renforcé, de nouveaux droits d’expression des salariés et d’intervention de leurs représentants, l’amnistie pour les militants syndicaux et le respect des libertés syndicales, le renforcement des conventions collectives et le rétablissement de la hiérarchie des normes et du principe de faveur.

La CGT fait aussi le lien entre les attaques contre le code du travail et celles portées contre la fonction publique et ses personnels.

MACRON VEUT LIVRER LES AGENTS ET LES SERVICES PUBLICS À LA CONCURRENCE ET DÉMANTELER leur GARANTIES COLLECTIVES, COMME IL LE FAIT DANS LE PRIVÉ AVEC LES ORDONNANCES CONTRE LE CODE DU TRAVAIL !

Toute la politique de Macron, qui se revendique moderne, qui veut rompre avec le vieux monde, est en fait une tromperie.

C’est la politique de la fausse bonne idée, avec une communication qui relève de la méthode Coué, portée par une armada de bons petits soldats dont l’esprit critique frise la caricature et dont la langue de bois s’accommode si bien à leurs rictus faux et froids.

Cette politique pourtant, ne nous amuse pas, nous les fainéants, les bordéliques, les derniers de cordée.

Cette politique est au service des puissants, de ceux qui n’ont pas eu beaucoup à s’employer pour assurer la SUR vie de leur lignée sur plusieurs générations, en volant sans vergogne un modèle, une idée : une idée qu’ont pensé, élaboré, construit des petites gens certes mais généreux, altruistes et courageux.

Ceux qui ont aidé à libérer leur pays du joug nazi et des collaborateurs capitalistes.
Ceux qui ont donné un élan, l’espoir d’une société solidaire où celui qui participe à la création de richesses matérielle ou intellectuelle a une place, un avenir et l’assurance pour sa santé, ses besoins essentiels, pour lui et ses proches.
Où ceux qui sont dans l’impossibilité de travailler, peuvent subvenir à leurs besoins grâce à la solidarité de tous.

Ce modèle de société c’est le programme du conseil national de la résistance mis en application après-guerre alors que la France était ruinée et sans capacité productive :

  • • le retour à la nation des grands moyens de production, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ; l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
  • • le droit au travail et le droit au repos, notamment
  • • un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine.
  • • la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
  • • un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail
  • • la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauche et de licenciement
  • • une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours
  • • La possibilité effective pour tous les enfants de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires

Tout cela, toutes ces conquêtes permises par l’engagement de résistants qui étaient syndicalistes, anti fascistes ou patriotes,
Tout cela le patronat, qui s’était compromis avec l’infamie nazie, a juré depuis lors de le reprendre. Après quelques décennies où il a du faire profil bas, le capitalisme a réussi à imposer une fable à force de messages médiatiques qu’ils contrôlent quasi unanimement : « le travail coûte cher, les salariés ont trop profité et les caisses des états sont vides ! »

D’où les politiques antisociales depuis 30 ans et une accélération sans précédent avec Macron : la politique du GO FAST antisocial, de la fuite en avant pour décourager toute velléité et faire grandir l’idée que les jeux sont faits.


Nous le redisons : il n’y a pas de cout du travail ! C’est le capital qui coûte ; Qui vampirise notre économie, l’économie mondiale tout entière, qui met en concurrence les territoires, asphyxie des continents comme l’Afrique et répand la guerre hors de l’occident, générant les exodes et les fanatismes meurtriers.

Et avec macron Qui va recevoir des chèques jusqu’à 100 millions d’euros par tête avec la fin de ISF ? les 1% les plus riches ; ceux qui détiennent le capital.

l’histoire est ré-écrite par les puissants. Ce serait De gaule qui a inventé la sécu alors que c’est Ambroize Croizat, ministre communiste. Le code du travail serait trop indigeste et compliqué alors que c’est le patronat qui l’a alourdi de mille et une mesures pour en restreindre la portée. Les caisses de l’État sont vides alors que la loi permet l’optimisation fiscale et que l’État ne cherche pas vraiment à lutter contre l’évasion fiscale. (Le nombre d’agent des fiances public est en chute libre). Les chômeurs seraient des profiteurs du système selon Gattaz alors que les tricheurs sont à rechercher du côté des nantis.

Nous avons besoin de rétablir les vérités, de montrer que le gouvernement nous ment, que le patronat n’a aucunement l’ambition de servir l’intérêt général, et encore moins les salariés.

FAIRE CONVERGER LES LUTTES EST UNE NÉCESSITÉ : les attaques contre les salariés du public et du privé doivent amener à une réponse collective.
C’est en redonnant conscience que chacun a un immense pouvoir, celui de dire non à l’injustice sociale et celui d’exiger une autre vision de la société, une autre répartition des richesses, un autre avenir pour les jeunes dans une société respectueuse des libertés, des personnes et de l’environnement.
Le gouvernement est fébrile puisqu’il décide de réprimer les manifestations, d’user de la force sans discernement, de criminaliser l’action syndicale.
Le patronat est fébrile puisqu’il cède à certains secteurs par crainte de l’embrasement (routiers, portuaires et dockers, postiers)
Alors soyons confiant, Ce pouvoir d’agir nous l’avons ! Utilisons-le sans attendre une directive quelconque !
George Seguy, dirigeant de la CGT qui nous a quitté l’année dernière disait en parlant des grèves de 1968
« Pour la première fois dans l’histoire sociale de la France, il s’est produit un évènement dont on parlait depuis longtemps dans le mouvement syndical : une vraie grève générale, 9 millions de grévistes. Avec des travailleurs qui géraient eux-mêmes leur lutte en bas, sans mot d’ordre d’état-major de sommet pour savoir ce qu’ils avaient à faire ».

C’est ce que nous devons retrouver aujourd’hui. La confédération ne pourra impulser un grand mouvement social que si les syndicats de boîtes et les salariés décident eux d’engager la grève. C’est ce que la CGT s’emploie à faire par un travail de conviction et d’information, à la fois sur le contenu des attaques mais aussi sur des propositions d’autres choix de société.
les militants CGT travaillent chaque jour à développer la mobilisation. Il ne suffit malheureusement pas d’appuyer sur un bouton pour déclencher la grève générale. Construisons-la, pas après pas, sans chercher à trouver des coupables dans notre propre camp.

Le mouvement s’inscrit dans la durée, et ce n’est pas parce que le gouvernement engage déjà une deuxième phase de réformes que la CGT tournera la page des ordonnances. Nous le disons depuis le début : aux attaques globales nous devons opposer un mouvement social global.

C’est pourquoi La CGT portera la semaine prochaine l’idée d’une mobilisation interprofessionnelle pour la mi novembre, mobilisation que nous souhaitons la plus large tant les attaques le nécessitent.
Alors continuons à convaincre toujours plus de mode d’entrer dans la lutte ! Tous ensemble nous pouvons gagner !

Allocution CGT du 19 octobre 2017 - Saint Nazaire

Bonjour camarades,

Après les journées de mobilisation nationales des 12 et 21 septembre. Après la journée d’action initiée par la fonction publique et renforcée par les salariés du privé, le 10 octobre dernier, nous nous retrouvons à nouveau aujourd’hui à l’appel de la CGT.

Nous pouvons regretter les difficultés que la CGT a rencontré dans ses efforts de convergence intersyndicale, mais le travail de communication et de conviction auprès des salariés, auprès de la population doit être poursuivi car il est propice à l’élargissement de la contestation.

Le rapport de force reste encore à construire.

Camarades, si nous sommes rassemblés aujourd’hui à proximité du magasin LIDL de Trignac, ce n’est pas forcément un hasard !

Le 26 septembre, un reportage intitulé « Travail, ton univers impitoyable » a été diffusé sur France 2. « Cash investigation » donnait à voir la réalité des conditions de travail de milliers de salariés chez deux géants de la distribution et de la communication, Lidl et Free. Deux entreprises qui se portent très bien. Mais deux entreprises dont les bénéfices profitent peu aux salariés et dont l’agressivité des méthodes managériales nuisent à la santé des travailleurs.

Ce « hard management » n’est malheureusement pas une méthode managériale propre à ces 2 entreprises. Rien qu’au regard des vagues de suicides passés ou actuels subits chez Renault, France Télécom, EDF ou la SNCF et aux témoignages des salariés que nous accueillons à l’UL CGT de St Nazaire, nous voyons bien au quotidien que la devise de la République passe rarement les portes de l’entreprise.

Liberté d’adhérer à un syndicat et de défendre ses conditions de travail ; Égalité des salaires et des carrières entre femmes et hommes ; Fraternité entre direction et production, entre patron et salarié ; Mais surtout, justice sociale bafouée !

Ce documentaire a fait battre des records d’audience de l’émission. Il serait donc logique d’espérer que la grogne sociale a du potentiel parmi ces 3,8 millions de téléspectateurs pour battre des records de participation.
Ce reportage illustre bien les menaces qui ne manqueront pas de s’abattre contre les travailleurs suite au passage de la loi travail XXL. Mais c’est l’ensemble de la politique économique et sociale du gouvernement qui fait craindre un avenir bien sombre pour la grande majorité des citoyens.
Cette politique est assumée par la DRH gouvernementale, madame Pénicaud, qui dans son interview a eu tout de même beaucoup de difficultés pour admettre le fait simple que cette loi est une loi pour les patrons et non pour les salariés.
Une politique assumée et montrée en exemple dans l’entreprise, puisque la patronne des centres d’appel de Free dont les pratiques sont dénoncées dans le reportage a, depuis, été décorée de l’ordre national du Mérite.
Je ne vous détaillerai pas les mesures des ordonnances Macron, mais je vous en rappelle les grands principes :
L’inversion de la hiérarchie des normes partout. C’est-à-dire « un Code du Travail » à la carte et par entreprise. C’est le dumping social assuré !
Les pleins pouvoir à l’employeur dans l’exercice du désormais très mal nommé « dialogue social ». La représentation des salariés sera affaiblie avec le regroupement des instances et l’éloignement des représentants du personnel, avec l’affaiblissement de leurs prérogatives surtout concernant la sécurité, l’hygiène et les conditions de travail.
Enfin la fin des protections contre le licenciement et la précarité. C’est-à-dire la fin programmée du Contrat à Durée Indéterminée tel que nous le connaissons actuellement.

Le récent projet de loi de finance pour 2018 est aussi une parfaite illustration de cette politique injuste caractéristique du macronisme. C’est un projet au service des plus riches et de la finance, cette politique coupe les budgets sociaux et promet l’injustice fiscale.

Car outre les retraités, les principales victimes seront des secteurs cruciaux : l’emploi par la forte réduction du nombre d’emplois aidés, le logement social par la baisse des APL et la mise en difficulté des offices HLM, les dépenses des collectivités locales.

À terme, le gouvernement veut revoir le périmètre de l’action publique, ce qui implique des privatisations et la mise en place de services privés moins satisfaisants, plus coûteux, moins équitables (comme le montrent les exemples des sociétés d’autoroute, de Dexia, des partenariats public-privé), avec de plus grandes inégalités de revenus et de statuts pour le personnel.

Le coût social du Projet de Loi de Finance ne s’arrête pas là ! Les cadeaux fiscaux aux ultra-riches seront financés par des coupes budgétaires sévères, de l’ordre de 8 milliards d’euros en 2018, et de 60 milliards sur l’ensemble du quinquennat. Les crédits publics subiront un coup de rabot général qui frappera aveuglément les plus fragiles.

Rarement une loi de finance a été aussi injuste, et favorable aux détenteurs du capital. Macron est au service d’une minorité, ces 1 % d’ultra riches. À nous parmi les 99 %, de faire obstacle à cette politique et de porter nos alternatives, nos revendications au service de la majorité.

Car la CGT porte des revendications pour la conquête d’un nouveau statut du travail salarié, des 32 heures, d’un code du travail du XXIème siècle protecteur.
Comme a résumé Philippe Martinez, notre secrétaire général, « C’est le social qui doit être au cœur du développement et non les motivations du capital ».

Le 1er de cordée Macron et son roquet Castaner porte-parole du gouvernement ont déjà désigné la prochaine cible du capital : les privés d’emplois.
Ils veulent désormais s’attaquer à ces 6 millions de personnes qui « profiteraient des allocations chômage pour partir deux ans en vacances... ».
Mais alors, messieurs, que pensez-vous également des profiteurs qui tous les mois se gavent avec le RSA, les enfoirés qui osent faire leurs courses dans des magasins inventés rien que pour eux ? Vous savez qu’il arrive même que certains osent aller se régaler à la soupe populaire ?

Vous nous avez gâté avec vos réparties plus populistes que populaires :

  • Qu’il vaut mieux chercher un autre job plutôt que de foutre le bordel !
  • Qu’il faut travailler pour s’acheter un costard !
  • Qu’il y a les fainéants, les cyniques, les extrémistes, les jaloux et maintenant les chômeurs vacanciers.

Bref tous ceux qui ne sont rien dans votre estime.

Mais vos propos sont à vomir !

Le chômage, ce ne sont pas des vacances, c’est une souffrance qui détruit la vie de millions de personnes.

Vous êtes les représentants d’un Pouvoir décomplexé, qui se distingue surtout par son dégout des faibles et des pauvres.
Votre méthode est connue et éculée. Désigner les privés d’emploi comme coupables de leur situation. Désigner des fautifs pour opposer les citoyens les uns contre les autres : le privé contre le public, les jeunes contre les retraités, les salariés contre les privés d’emploi.
Cette stratégie laisse deviner une prochaine réforme de l’emploi qui menace d’être particulièrement néfaste, avec pour preuve supplémentaire un MEDEF à la curée et qui déjà aboie ses exigences.

Et sur le bureau de l’Élysée c’est une pile de dossier des réformes à venir qui attendent leurs mises en œuvre. Il y a eu déjà tant de coups qui ont été assénés en à peine 5 mois de mandature. Qu’en sera-t-il au bout de ce quinquennat ?
Les travailleurs ne laisseront pas MACRON et ses mercenaires dynamiter le tissu social de notre pays, ni le code du travail. Nous avons bien compris que ce gouvernement ultra libéral, mené par un Président mandataire du MEDEF, exprimant son mépris pour les travailleurs et cultivant la haine du pauvre, n’a qu’un seul but : la mise en place intégrale du programme antisocial du MEDEF et la destruction intégrale des conquis sociaux, arrachés pendant plus d’un siècle de lutte, par les travailleurs.

Ce siècle d’histoire de nos conquis sociaux a prouvé que la lutte paie.
Et elle paie toujours lorsque les collectifs de travail sont en capacité de créer le rapport de force. Nos camarades routiers et nos camarades des Ports et Docks nous l’ont remarquablement démontré depuis la mise en place de cette loi travail XXL.

Déjà à 2 reprises, patronat et gouvernement ont dû faire marche arrière face à la CGT. Ceci est porteur d’espoir, nous pouvons les faire plier.

Nous sommes suffisamment nombreux pour imposer le progrès social. C’est notre force de travail qui fait tourner les services publics et de L’État. C’est notre force de travail qui fait engranger les bénéfices des entreprises et alimenter les dividendes du CAC40.

Nous avons le pouvoir de leur couper les bourses !

C’est par la mobilisation dans les services et dans les entreprises, par la convergence des luttes, par l’action dans la rue, par les débrayages, la grève carrée ou reconductible du plus grand nombre que nous pourrons faire reculer patronat et gouvernement.

La CGT va poursuivre la mobilisation et son élargissement : public-privé, par l’intersyndicale, avec les jeunes, lycéens et étudiants pour construire de futures initiatives.

Il ne faut rien céder et on ne lâchera rien !















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