EHPAD Paimboeuf : la CGT continue ses actions et rencontre la ministre de la Santé

jeudi 7 septembre 2017

La situation désastreuse de l’Ehpad de Paimboeuf, malheureusement très représentative de l’ensemble du secteur, a été mise en avant dans la presse locale et nationale cet été grâce aux initiatives du syndicat CGT HIPR (Hôpital Intercommunal du Pays de Retz) et le soutien très actif des familles.

Si cela n’a pas encore permis pour l’instant d’améliorer concrètement les conditions de vie des résident.es et les conditions de travail des soignant.es, le débat public et l’opinion publique peuvent débloquer certaines choses à court terme.

Le premier septembre, la CGT HIPR a aussi pu rencontrer l’équipe de la ministre de la Santé en visite à Saint Nazaire pour faire un point sur les besoins, immenses et urgents.

On ne lâche rien !

Intervention lors de la rencontre avec la ministre le premier septembre

L’hôpital est devenu une entreprise depuis la tarification à l’acte.

Sur l’Hôpital Intercommunal du Pays de Retz en 2015 pour un budget déficitaire de 500 000 euros il a fallu faire un plan additif d’économie avec une diminution XXL des effectifs : 15,62 équivalent temps pleins ont été mis sur le carreau en 2015, soit 26 personnes sans pour autant diminuer la charge de travail (annexe 3).

Ce plan se poursuit sur 2017 par la mise en place du pôle hôtelier qui regroupe les compétences du bio nettoyage, l’hôtellerie et la lingerie, cela a supprimé encore des postes, environ 6 postes avec report de certaines tâches sur les aides-soignantes. Parallèlement la dernière convention tripartite signée nous impose des entrées de GIR 1 à 3 uniquement.

Actuellement le budget est excédentaire et il n’y a pas de réinjection de personnel prévu à part des renforts d’été qui prennent fin actuellement remettant les équipes en grande difficulté.

Travailler à l’hôpital demande un gros investissement physique et psychologique souvent au détriment de sa vie personnelle, les candidats aux professions de soins se font de plus en plus rares alors même que les contrats ne sont pas renouvelés au-delà de 3 ans, les demandes de réintégration de personnel infirmier (sous contrat actuellement) ne sont pas acceptés, beaucoup de contractuelles se désistent rapidement du fait des conditions de travail très ingrates et d’un management des ressources humaines très directif et totalitariste, de plus le bouche à oreille fonctionne dans le pays de Retz, l’hôpital a du mal à recruter et nous a même demandé par une note d’information d’en faire part à nos amis et connaissances.

Dans le contexte budgétaire actuel de l’hôpital entreprise, réduire le personnel dans de telles proportions à des conséquences sur la santé des agents et la qualité des soins dispensés dont voici quelques représentations édifiantes :

  • - Augmentation de 46% des arrêts de travail sur les 6ers mois de l’année
  • - Le taux de troubles musculos squelettiques (TMS) dont la moyenne nationale est de 50% atteint sur le site de Paimboeuf un taux de 89% : les changements d’affectations professionnels effectués en 2015 sont dus à des TMS (extrait du bilan social 2015 annexe 1), parallèlement le matériel est vétuste et non renouvelé malgré les alertes du CHSCT
  • - 2/3 du pôle hôtelier, 50% de l’équipe de soins sont sous traitements pour diminuer l’angoisse qui les envahi avant, pendant et après le travail (anxiolytiques, anti dépresseurs, anti inflammatoires)
  • - A ce jour 60% de l’effectif est composé de CDD sur le site de Paimboeuf, le turn over est incessant, les remplaçantes ne sont pas laissées sur le même service et vont de site en site, de service en service...
  • - 75% des agents sur l’EHPAD estuaire de Paimboeuf se sont arrêtés à un moment ou à un autre, seulement 3 agents ne se sont pas arrêtés, au cours des 3 derniers mois
  • - Les remplaçantes ne travaillent que 7h, ne suivent pas les transmissions, ce qui est très dommageable sur le suivi des résidents, il y a une perte de temps de travail d’où des levés moins fréquents et des couchers plus précoces

Autant de chiffres qui vous démontrent la dureté des conditions de travail et qui est en bout de chaine ?

Le résident subit évidemment tout cela de plein fouet :

  • - Le ménage est partiellement fait par manque de temps et cela va empirer avec la suppression du renfort d’été (diminution de la fréquence)
  • - Les températures des plats servis ne sont pas conformes à la réglementation des services d’hygiène
  • - L’animation si importante pour les résidents a bien du mal à se faire, 3 services civiques ont été reçus pour pallier à cela mais qu’en est-il de leurs compétences pour animer le public âgé ?
  • Nous avons fait grève au cœur de l’été et avons été très médiatisé, cela est loin d’être anodin, il y a un risque grave sur la santé des agents, jusqu’où cela va-t-il aller ? La direction nous répond toujours par le budget lorsque nous leur disons que les agents sont à bout, fatigués et qu’il devient très difficile de bien prendre soin, seulement le budget est excédentaire !

Nous demandons des effectifs en nombre suffisant...

intervention lors de la rencontre avec la ministre de la santé














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