Amiante dans la Tour Bretagne à Nantes : La Ministre du Travail doit prendre ses responsabilités

jeudi 10 août 2017

et protéger ses agent.es !

Le 20 juin dernier, les agent/es de la DIRECCTE de Loire-Atlantique (services du ministère du travail dans le département), installés dans des locaux de la Tour Bretagne à Nantes, ont alerté par une lettre ouverte Mme Muriel Pénicaud, ministre du travail, de la découverte de matériaux amiantés dégradés et très émissifs et des conséquences d’une exposition professionnelle à l’amiante sur leur santé. Ils lui ont demandé de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer de la suppression du risque, de fournir un suivi médical et une traçabilité de leur exposition.

Depuis, la quasi-totalité des agent/es ont exercé leur droit de retrait suite aux campagnes de mesures réalisées dans la Tour Bretagne, montrant la contamination de l’air, et surtout à l’absence de mesures effectives et suffisantes présentées par la DIRECCTE pour assurer la protection de leur santé dans l’attente du désamiantage des locaux.

La DIRECCTE nie l’existence d’un danger grave et imminent (au motif que les personnels ont quitté la tour !) et surtout elle entend maintenant obliger les agent/es à réintégrer les locaux après de simples travaux d’aspiration qui, au vu de l’état de dégradation des matériaux amiantés et de leur caractère émissif, ne garantissent en rien la suppression durable du risque. Les matériaux amiantés et dégradés vont continuer à émettre des poussières…

Dans le même temps, les services, dont l’inspection du travail et les renseignements au public, se trouvent totalement désorganisés, éparpillés, sans locaux de travail et n’étant plus ni en mesure de recevoir les usagers, ni de répondre à leurs demandes au quotidien.

Nos organisations dénoncent le caractère précaire et incertain de ces mesures, qui ne permettent pas d’exclure de nouvelles expositions des agent/es et des autres salarié/es travaillant dans la Tour Bretagne dans un avenir proche. Elles rappellent qu’il n’existe aucun seuil d’exposition en dessous duquel le risque de développer une pathologie serait nul et que le seuil environnemental fixé dans le code la santé publique est un seuil de déclenchement des travaux et non un permis d’exposition. Confrontés à un tel risque, d’autres directions départementales du ministère du travail ont choisi par le passé d’évacuer et de reloger leurs agent/es dans l’attente du désamiantage des locaux. C’est aujourd’hui la seule solution à même de prévenir de nouvelles expositions.

Mme Pénicaud doit prendre ses responsabilités et assurer la protection des agent/es de son ministère. Le représentant de l’État a le pouvoir de faire procéder d’office aux travaux nécessaires pour faire cesser l’exposition à l’amiante. Le cabinet de la Ministre reste cependant sourd à la demande de nos organisations syndicales d’être reçues en urgence dans ce but.

Nous demandons, dans l’attente de mesures adaptées au risque, que le droit de retrait soit reconnu, donc que le traitement des collègues concernés soit garanti et qu’aucune pression ne soit exercée sur eux.

Communiqué de presse - 9 août 2017

CGT-TEFP / SUD-TAS / SNUTEFE-FSU















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