Action Saisonniers 2017 : RDV sur la côte le 19 juillet

mercredi 19 juillet 2017

Une nouvelle fois, cet été, l’union départementale CGT de Loire Atlantique ira à la rencontre des travailleurs saisonniers.

L’UD CGT 44 accueillera la caravane confédérale le mercredi 19 juillet 2017 sur notre territoire.

Rdv dès 8 h 30 à l’UL de Saint-Nazaire pour un petit briefing et, à partir de 9 h 15, square Herzo à Pornichet (à côté du port de plaisance).

A l’instar de l’action du muguet du 27 avril 2017, qui a reçu un succès auprès des salarié.es, nous proposerons l’adhésion à la CGT au salariat que nous rencontrerons pendant notre action.

Depuis 7 ans déjà, été comme hiver, la CGT lance sa campagne d’information en direction des travailleurs saisonniers. Cet été, six caravanes de la CGT sillonnent la France (Corse comprise).

Plus localement, après notre initiative autour des saisonniers récoltant le muguet, nous nous attacherons en juillet à renseigner, conseiller et informer ce salariat spécifique, sur la côte Atlantique. Nous prendrons le temps de distribuer un carnet explicatif de leurs droits pendant la saison et proposer des contacts syndicaux qui pourront aider les saisonniers pendant et après leurs contrats de travail.

La Loire Atlantique accueillera la caravane confédérale le 19 juillet 2017 square Léopold HERVO, juste avant le port de plaisance de Pornichet, à partir de 9 h 15. Les objectifs de cette initiative sont multiples :

Tout d’abord informer les saisonniers sur leurs droits puisque 65% d’entre eux déclarent ne pas les connaître ; remettre un guide de la saisonnalité avec des coordonnées CGT qu’ils pourront contacter pendant ou après leur saison ; enfin, discuter avec les vacanciers sur les conditions de vie et de travail de ce type de salariat.

Des équipes se déploieront dans la matinée (camping, restaurations, commerces) que vous pourriez suivre.

Sur la Loire Atlantique, les femmes sont majoritaires dans la plupart des secteurs employeurs de main-d’œuvre saisonnière. On compte jusqu’à deux femmes pour un homme dans l’hébergement touristique. Les jeunes sont également surreprésentés parmi les saisonniers, particulièrement dans le commerce de détail et la restauration. Plus des deux tiers des saisonniers de ces secteurs ont moins de 25 ans en Loire-Atlantique.

L’agriculture fait appel à de nombreux jeunes pour faire face à des pics d’activité saisonniers, mais elle recourt aussi davantage que les autres secteurs à des seniors : 15 % des salariés ont 50 ans ou plus, un pourcentage largement majoré pendant la période de récolte du muguet.

Ce sont les seuls salariés en Contrat à Durée Déterminée (CDD) à être privé de la prime de fin de contrat de 10%, ce qui pousse clairement les employeurs vers ce type de contrat alors que le CDD devrait s’imposer. En 5 ans les contrats saisonniers sont passés de 800 000 à près de deux millions sur le territoire national.
Enfin, autour du salaire, les contrats proposés à cette main-d’oeuvre sont relativement précaires, car de courte durée, davantage proposés à temps partiel et en moyenne moins bien rémunérés : les trois quarts d’entre eux sont des postes peu qualifiés d’employés ou d’ouvriers, près de la moitié sont rémunérés au voisinage du Smic horaire.

En Loire-Atlantique, les travailleurs saisonniers se succèdent dans des secteurs d’activité très diversifiés d’avril à décembre. En juillet ils seront environ 25.000, un peu moins en aout.

C’est pourquoi depuis plusieurs années la CGT ne limite pas ses rencontres aux seuls salariés estivants, car beaucoup trop cumulent la saisonnalité et la précarité toute l’année.

En Loire-Atlantique, un tiers des contrats saisonniers est à temps partiel. Cette proportion atteint la moitié des contrats dans les activités associatives, récréatives, culturelles et sportives.

Les saisonniers ne constituent pas à l’évidence une population homogène : diversité des parcours, des aspirations, différences d’âge, de qualifications.

La diversité est grande, du travailleur immigré peu qualifié à l’étudiant qui en est à sa première expérience professionnelle, au cuisinier enchaînant sa dixième année de saison…

Pour les saisonniers locaux, originaires de zones touristiques, faire la saison, ou plutôt les saisons, c’est la condition pour vivre et rester au pays.

Certains saisonniers n’hésitent pas, malgré les difficultés financières, sociales, de logement, de transport, à se déplacer d’une région à l’autre, pour trouver du travail et contribuer ainsi à l’essor économique de ces régions ou départements.

Le travail saisonnier, cela signifie, pour certains, enchaîner des travaux différents tout au long de l’année (les pluriactifs) ; pour d’autres, faire une saison permet notamment de financer des études. Pour la majorité, ce sont des allers et retours sans fin entre les cases saisons et les cases chômage.

La précarité du travail saisonnier, c’est la brièveté des contrats, souvent quinze jours renouvelables ou non.

La moitié des CDD saisonniers dure moins d’un mois aujourd’hui. Seuls 15 % de ces CDD ont duré plus de cent jours.

Dans le cadre de nos campagnes CGT en direction des travailleurs saisonniers, depuis cinq ans, nous avons pu noter un certain nombre d’évolutions.

LA PHYSIONOMIE DE L’EMPLOI SAISONNIER A FORTEMENT ÉVOLUÉ CES DERNIÈRES ANNÉES

Du fait de la crise de l’emploi en France, nous observons une mise en concurrence de tous les publics sur le contrat précaire par excellence, le contrat saisonnier.

Nous retrouvons :

  • • des jeunes qui, auparavant, recherchaient une expérience au travers d’un emploi saisonnier et qui, aujourd’hui, travaillent pour payer une partie de leurs études et/ou subvenir à leurs besoins ;
  • • des retraités, qui veulent compléter leur faible pension ;
  • • des salariés seniors qui, licenciés après 45 ans, rencontrent de grandes difficultés à retrouver un emploi stable ;
  • • des femmes qui, subissant de nombreuses périodes d’inactivité forcée, acceptent ce type de contrat par obligation ;
  • • des travailleurs migrants ;
  • • des travailleurs privés d’emploi.

LES REVENDICATIONS DE LA CGT

Notre volonté est de sécuriser les parcours professionnels et de vie des saisonniers. La CGT n’est pas favorable à la mise en place d’un statut du travailleur saisonnier.

Nous ne voulons pas que les saisonniers soient enfermés dans un contrat précaire, mais bel et bien qu’ils aient les mêmes droits que les autres salariés.

Revendications phares

La CGT propose un nouveau statut du travail salarié dans lequel les droits sont attachés à la personne : progressifs, cumulables au fil de la carrière et transférables d’un employeur à l’autre.

Pour atteindre cet objectif une première étape doit consister à obtenir :

  • • que le contrat à temps plein et à durée indéterminée soit la norme (reconnaissance
  • de la pluriactivité, des compétences et des qualifications, alternance de période de formation/emploi/congés, reconduction automatique des contrats…) : garantir le droit à un déroulement de carrière ;
  • • le recours au CDD de droit commun dans le cadre strict de la saison, par l’utilisation de la notion d’accroissement temporaire d’activité permettant le versement de la prime de précarité ;
  • • que des efforts soient faits sur l’extension de la reconduction automatique des contrats pour tous les saisonniers volontaires, cette dernière étant déjà proposée, par exemple, aux saisonniers des remontées mécaniques.
  • • que la « saisonnalité » soit définie juridiquement d’une façon plus précise avec des motifs strictement limités et identifiés par catégories d’entreprise, et non uniquement en référence aux usages d’un secteur ;
  • • le recours au contrat saisonnier doit être limité aux contrats courts nécessitant un surcroît d’activité ;
  • • un approfondissement de la question de la situation des travailleurs migrants ;
  • • l’augmentation des moyens donnés à l’Inspection du travail, pour lutter contre le travail non déclaré et le non-respect des droits des travailleurs saisonniers ;
  • • la suppression des exonérations sociales et toutes formes de dispositifs d’incitation aux contrats saisonniers ;
  • • des droits et des garanties progressifs et transférables d’un contrat à l’autre qui ne doivent pas suivre le rythme des saisons ;
  • • une offre plurielle de logement, permettant de répondre à la diversité des attentes et situations des saisonniers (logements réservés à un coût modéré, résidence, logement collectif, terrains aménagés avec électricité et sanitaires pour accueillir les caravanes, extension de l’accès au 1 %, de l’accès au Loca Pass…), avec une réelle prise (ou meilleure) en charge par l’employeur et les territoires ;
  • • une protection sociale adaptée avec des droits à retraite ;
  • • la facilité et le libre accès au développement des compétences professionnelles grâce à une formation diplômante choisie et adaptée ;
  • • de développer une GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) territoriale permettant de réintroduire une diversification de l’activité économique ;
  • • le droit à la démocratie sociale, aux IRP (délégués de site, CHSCTE de site, comités interentreprises) ;
  • • avec la CES (Confédération européenne des syndicats), une directive européenne de l’emploi saisonnier garantissant aux salariés détachés par les tours opérateurs étrangers l’application des droits du pays pour lequel ils sont salariés.














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