Prise de parole du premier Mai à Nantes

lundi 1er mai 2017

Aujourd’hui comme depuis plus d’un siècle les travailleurs du monde entier fêtent leurs combats et leurs victoires, ils réaffirment leur aspiration à la paix et au bonheur. Ils se rappellent aussi comme l’Histoire a pu être dure avec celles et ceux qui ont refusé l’oppression, avec les peuples qui se sont soulevés pour refuser l’arbitraire, la répression patronale, l’obscurantisme ou le fascisme.

Et la situation française aujourd’hui est très préoccupante puisque l’extrême-droite est aux portes du pouvoir, portée par une désespérance sociale dont nos gouvernants sont les premiers responsables.

I- Le bilan du quinquennat Hollande : comment en est-on arrivé là ?

Entre les deux tours de la présidentielle et en ce 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs, il ne nous apparait pas superflu, de pointer, encore une fois, les véritables causes du désastre politique, social et déjà humain que traverse notre pays.

Depuis des décennies, les politiques gouvernementales, ont eu pour dénominateur commun la remise en cause des droits des salariés au mépris des intérêts de la population. Les promesses non tenues, dont nous ont accablé Hollande et sa clique, n’ont abouti qu’à des reculs sociaux.

Ainsi :

  • L’âge de la retraite porté à 63 ans avec la soi-disant réforme des retraites de 2013
  • Les multiples cadeaux au patronat : que ce soit le « pacte de responsabilité » ou le CICE qui a permis le versement de plus de 48 milliards d’euros aux entreprises sans contrepartie. Tout ça pour peut-être 100 000 emplois créés ou sauvegardés. En fait, le CICE a souvent représenté un effet d’aubaine pour les patrons.
  • La loi Macron qui permet la banalisation du travail le dimanche
  • La diminution des droits des représentants des salariés avec la Loi Rebsamen
  • La Loi travail : passée en force avec le 49.3, elle facilite les licenciements économiques, diminue les droits des salariés, notamment avec l’inversion de la hiérarchie des normes.
  • Une offensive généralisée se poursuit contre les salaires, les pensions : avec le gel du point d’indice, la stagnation du SMIC et des retraites.
  • Enfin, la continuité dans la casse des services publics dont nous observons au quotidien les effets délétères au détriment non seulement des travailleurs mais aussi de la population.

Tout cela pour rien, ou plutôt dans l’intérêt de quelques-uns toujours les mêmes !!!

Et pendant ce temps là, de mai 2012 à mars 2017, le nombre de travailleurs privés d’emploi a augmenté de plus de 500 000 personnes.

A cela, s’ajoute la poursuite de l’instauration d’un ordre sécuritaire, d’une mentalité, d’une peur qui conditionne au renoncement. Cet état dit d’urgence qui permet des amalgames répugnants.

Pour enrober leurs actes, les possédants se sont appuyés sur un dispositif de propagande inégalé avec la quasi-totalité des médias entre les mains d’une poignée de milliardaires, assurant à longueur de journées, mois après mois, années après années, le matraquage des mêmes idées galvaudées, quand ce n’est pas les programmes télévisés les plus décervelant.

Oui, pour nous, l’oligarchie n’a qu’un seul objectif, un seul choix : ses profits.

II- Alors face à nous c’est Macron et Le Pen : aucun des eux ne porte un programme de justice sociale.

Clairement, nous le disons aujourd’hui comme nous le disons depuis des années : le Front National n’est pas un parti comme les autres. C’est pourquoi la CGT appelle à faire barrage contre lui, ce qui veut dire qu’aucune voix ne doit aller au Front National. Nous savons le risque insensé que ferait courir l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite car, n’en déplaise à la candidate du FN qui tente de réviser l’Histoire, quand l’extrême droite était au pouvoir sous Pétain en France, l’État Français a commis les pires exactions.

Mais appeler à barrer la route du pouvoir au Front National ne signifie pas adhérer au programme du néolibéral Macron. Nous refusons l’uberisation de la société, les profits exorbitants aux actionnaires, la portion congrue pour le commun, la fin des droits collectifs, c’est le libéralisme dans tout son archaïsme, la marche arrière toute encore et toujours, le retour vers le 19ème siècle, avec ses contingents de travailleurs pauvres, avec une protection sociale réduite au minimum. Cela n’a rien à voir avec un programme d’avenir ! Un projet qui n’a rien à voir avec la réalité des richesses produites par les travailleurs. Macron c’est la défense des intérêts de la finance, des possédants avec des conséquences sociales désastreuses pour la population !!!

Quant à Marine Le Pen dont la démagogie raciste est à l’opposé de toutes nos valeurs et qui est une insulte à notre histoire, elle utilise de manière éhontée la misère humaine pour tromper ceux qui souffrent. Bien sûr, elle n’a pas manqué d’ajouter à son fonds de commerce de nouveaux boucs émissaires en la personne de ceux qu’on appelle les « migrants », en réalité les victimes des guerres et de l’exploitation impérialistes menées sans vergogne par et pour le Capital … Nous le savons, ces procédés ne visent qu’à nous diviser et masquer qui sont nos véritables agresseurs : c’est-à-dire, les oligarques et les auxiliaires de la finance, des multinationales, du grand capital ! Ceux auxquels, en réalité, elle est au service.

III- Que faire ?

Alors maintenant, il va nous falloir faire face dans les boites et dans la rue. Oui, la CGT appelle à continuer la lutte encore et toujours : il n’y a pas d’autre issue. Nous ne voulons pas seulement défendre notre héritage social mais conquérir de nouveaux droits, ouvrir de nouvelles perspectives collectivement :

Nous voulons, nous exigeons :

  • L’égalité hommes femmes,
  • Un code du travail, un service public, un système de santé digne de la France du 21ème siècle
  • La réduction du temps de travail avec le passage à 32 heures
  • Des investissements pour une économie et une industrie en phase avec les intérêts du peuple et non pas avec ceux des actionnaires.

Qu’ils ne comptent pas sur nous pour baisser les bras. Nous continuons le combat à l’instar de ceux qui ont lutté pour nous avant nous et pour ceux qui nous suivront. Ceci est une nécessité absolue ! Les habitants de notre pays doivent ce qu’ils sont à leurs luttes. Non, les possédants ne nous feront jamais oublier que la lutte paie. Les combats menés par nos camarades, récemment encore au niveau local, sont là pour nous le rappeler !!! En voici deux exemples parmi tant d’autres :

1) Descours et Cabaud Atlantique

Les salariés de Descours et Cabaud Atlantique : travailleurs de la métallurgie. Fin 2016, ils décident de s’organiser collectivement en se syndiquant à la CGT puis en provoquant des élections dans leur boîte. Au mois de février, il ont mené, avec le soutien de l’interpro - rappelons o combien la solidarité est importante et la convergence des luttes une nécessité pour vaincre - une grève victorieuse avec 100 % d’ouvriers. Ils obtiennent non seulement des augmentations, des primes de risque mais ce qui est fondamental le respect … Oui, la lutte paie.

2) Cordemais, centrale EDF

Fin mars 2017, après 3 semaines de piquet de grève, les salariés de la centrale électrique de Cordemais ont fait, eux aussi, plier leur direction. Non seulement, ils ont obtenu quasiment l’ensemble de leurs revendications, mais le projet industriel porté par la CGT pour la reconversion industrielle du site a été validé par la direction.

Ces luttes gagnantes et exemplaires par leur justesse et les perspectives qu’elles ouvrent, nous rappellent que tout est possible, elles nous démontrent que, collectivement, nous pouvons avoir prise sur notre destin, si nous le voulons.

Car des richesses, en France, il n’y en jamais autant eu. Les actionnaires du CAC 40 se sont ainsi versés plus de 55 milliards d’euros de dividendes pour 2016. Cette augmentation constante des dividendes se fait au détriment de l’investissement et des salaires.

Entre les années 80 et les années 2010 la part des bénéfices des sociétés non financières versée aux dividendes est passée de 30% à 85%.

Il ne faut pas chercher ailleurs les explications de la prétendue crise. Ce simple chiffre illustre à lui seul la lutte entre le capital et le travail. Ce n’est pas le travail qui coûte à la société, c’est le capital !

Il appartient maintenant aux travailleurs de lutter pour se réapproprier leur travail et la richesse qu’ils créent, pour la société.

Cette lutte des travailleurs contre le capital est une lutte internationale. Elle nous lie aux travailleurs d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie.

Le capital ne connaît pas les frontières, qu’il utilise pour diviser les travailleurs. C’est aussi à cette échelle que doivent s’organiser les travailleurs, sans se laisser dresser les uns contre les autres.

Ainsi la CGT dit son soutien aux organisations syndicales et aux travailleurs Brésiliens, alors que vient d’être lancé là-bas un appel à la grève générale pour réagir au programme d’austérité et de régression sociale, d’inspiration néolibérale, mis en place par le Gouvernement de Michel Temer.

Ainsi la CGT exprime sa solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim depuis le 17 avril. Ils demandent que leurs conditions de détention respectent les droits humains, conformément au droit international. Et en Cisjordanie une grève générale de solidarité avec les grévistes de la faim s’est lancée ces derniers jours.

Bon premier mai à tous les travailleurs. Que dans tous les pays du monde vivent nos luttes pour que nous imposions demain ce qui nous est refusé aujourd’hui.















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