Centrale Thermique de Cordemais : un avenir menacé

mardi 4 octobre 2016

Alors que la région "grand ouest" est fortement déficitaire en production d’énergie par rapport à la consommation ( 22 % de couverture en région administrative pays de Loire et 15 % pour la région administrative Bretagne), la direction d’EDF annonce la fermeture des unités de production (fioul mais les unités de production charbon sont aussi sur un siège éjectable) sur le site de Cordemais.

Cette fermeture aurait des impacts importants :

  • sur l’emploi : aujourd’hui, les emplois directs, ce sont 450 emplois EDF et 250 prestataires permanents et les emplois indirects avec notamment 200 emplois sur le Port pour la manutention du combustible (charbon, fioul, gaz), 100 emplois pour les co-produits (calcaire, ammoniaque, gypse) et 50 emplois tertiaires. Globalement, en partant d’un ratio de 0,6 emplois induits pour 1 emploi industriel, la centrale génère 2 000 emplois permanents et 1 000 emplois saisonniers.
  • sur les finances des collectivités locales (en 2014, environ 30 millions d’€ d’impôts directs et indirects versés par la centrale, plus les taxes versées par les habitant.es travaillant à la centrale).

Un avenir menacé mais pas condamné :

  • des besoins énergétiques régionaux vitaux : le mix énergétique "grand ouest" doit s’appuyer sur la centrale de Cordemais pour garantir un service public de qualité pour les usagers en raison de sa proximité.
  • une reconversion du charbon vers la biomasse pour réduire les émissions de CO² passe par une production de biomasse locale qui s’intègre dans le territoire. Il faut aussi des investissements urgents dans l’innovation pour un captage et retraitement du CO².
  • le prix de la tonne de CO² doit être incitateur à la transition : il faut un prix évolutif, prenant en compte les investissements et périodes transitoires. La Taxe Carbone doit avoir une assiette large pour que tout le monde s’implique dans une vraie réduction du CO² émis.

Les élus ont tous leur rôle à jouer :

  • dans l’évolution du site avec un partenariat sur la biomasse : intégration de la centrale dans les schémas des retraitements des déchets.
  • dans les arbitrages législatifs encadrant l’activité de la centrale : expliquer et orienter les textes pour que la transition préserve les bassins industriels.
  • en pesant sur les choix stratégiques d’EDF : l’abandon simple des centrales thermiques, la vente des barrages hydrauliques, enlève à EDF toutes ses capacités d’adaptation en temps réel à la demande énergétique ce qui va fortement handicaper l’entreprise par rapport à ses concurrents européens.
  • dans l’aide financière à l’innovation sur le site de Cordemais : la transition nécessaire demande un soutien des pouvoirs publics.












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