Assurance chômage : nouvelle attaque contre notre système de solidarité

jeudi 13 juin 2019

Les principales mesures de la réforme de l’assurance chômage envisagées dévoilées dans la presse, sont-elles un ballon d’essai lancé par le gouvernement ? Au vu de son bilan anti-social, nul doute qu’il y ait volonté de sa part d’imposer une réforme régressive libérale portant atteinte aux droits de tous les demandeurs d’emploi.

Nul doute que la Ministre du Travail est aux ordres du MEDEF, dont l’objectif est de faire un maximum de profits et d’obtenir plus cadeaux financiers en imposant des reculs sociaux et en mettant la pression sur les privés d’emplois et les salariés.

Si ce projet se confirmait, ce sont les salariés précaires qui seraient, de fait, exclus de l’assurance chômage.

En effet, en imposant d’avoir travaillé 6 mois sur les 24 derniers mois, c’est à dire en durcissant les conditions d’accès à l’assurance chômage, cette mesure exclurait entre 250 et 300 000 demandeurs d’emploi.

Elle toucherait encore plus durement les femmes et les jeunes, principales victimes du temps partiel subi et des contrats courts, à l’image des assistantes maternelles, par exemple.

Les privés d’emploi ne sont déjà que 43% à être indemnisés, le Gouvernement semble vouloir passer à 35% !

Les salariés cadres verraient aussi leur allocation diminuer les incitant de fait à se détourner de notre système solidaire d’assurance chômage au profit du secteur assurantiel privé.

L’objectif est bien de faire des économies sur le dos des chômeurs mais aussi de les obliger à accepter n’importe quel emploi précaire, mal payé ou avec des conditions de travail pénibles...

La CGT refuse cette politique de destruction du système de protection sociale et rappelle l’urgence à s’unir et à organiser des mobilisations sociales tous ensemble, salariés, privés d’emploi ou retraités pour imposer un choix de société fondé sur la solidarité pour toutes et tous.

[pétition] Non à la dégressivité des allocations chômage

Le gouvernement a annoncé la dégressivité et le plafonnement des allocations chômage pour les cadres. Concrètement, cela signifie que pour celles et ceux qui ne retrouveront pas immédiatement de travail, le montant des allocations chômage baissera et ne leur permettra plus de maintenir leur niveau de vie.

Cadres ou non, cette situation nous concerne tous et toutes car une fois expérimentée, n’en doutons pas, la dégressivité sera étendue à tous les autres salariés au prétexte de l’équité.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement prétend que les cadres sont des favorisés, et que le montant « trop généreux » de leurs allocations chômage ne les incite pas à chercher un travail. Stigmatiser les cadres alors qu’on refuse de rétablir l’Impôt Sur la Fortune, la ficelle est un peu grosse.

Mais c’est surtout complètement faux. Le gouvernement a déjà mis en place depuis janvier la suspension des allocations chômage après 2 refus d’une offre d’emploi, y compris si les emplois proposés étaient à un salaire bien inférieur à celui perçu antérieurement et très éloignés géographiquement. Donc la pression est déjà énorme et les mécanismes existent déjà pour forcer les personnes privées d’emploi à accepter n’importe quoi.

C’est aussi « oublier » que les cadres étant peu au chômage, leurs cotisations représentent 42% des ressources du régime et leurs allocations comptent seulement pour 15% des dépenses. La dégressivité et le plafonnement des allocations des cadres dégagera donc peu d’économies. Par contre, les chiffrages de l’UNEDIC démontrent que mettre à contribution les cadres dirigeants et instaurer des cotisations chômage sur la part des salaires supérieurs à 13 500€ permettrait de dégager 700 millions d’euros de recettes supplémentaires et concernerait d’abord les grandes entreprises qui concentrent les plus hauts salaires.

L’enjeu, c’est la conception même du régime d’assurance chômage et cela concerne l’ensemble des salariés.

En plafonnant les allocations, on passe d’un régime donnant droit au maintien du niveau de vie des salariés à un système de filet de sécurité minimum avec des indemnités plafonnées et conditionnées. Résultat : pour maintenir leur niveau de vie, celles et ceux qui en ont les moyens financiers seront renvoyés vers les assureurs. On passe ainsi de droits acquis par les cotisations et dus aux salariés à des aides sociales consenties au nom de la solidarité nationale et devant être « méritées » donc conditionnées. Cadres, retraités ou fonctionnaires, les plus gros contributeurs seront aussi ceux qui bénéficieront le moins du système. C’est ainsi que l’on organise le « ras le bol fiscal » et que l’on fabrique l’« assistanat ». Rien de tel pour diviser le salariat.

Cadres, nous refusons de servir de boucs émissaires et de poissons pilotes pour déstructurer le régime. Nous voulons continuer à financer et bénéficier d’un système de protection sociale solidaire ! Salariés, nous signons cette pétition pour défendre notre modèle de protection sociale solidaire, qui protège mieux les plus démunis parce qu’il est financé et bénéficie par l’ensemble du salariat.















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