Douane : Le gouvernement choisi l’option de la fraude

vendredi 22 mars 2019

En réponse au mouvement de protestation du personnel douanier qui a décidé de l’application stricte des règlements, le gouvernement passe en force et intime l’ordre à ceux-ci soit d’aller en formation professionnelle, soit d’aller sur des points de contrôle peu pertinents, ou carrément de ne plus faire de lutte contre la fraude.

La seule obsession de ce gouvernement est donc de fluidifier un trafic largement ralenti au détriment des missions traditionnelles. Il n’est plus aujourd’hui question de résultats, si souvent mis en exergue, mais de museler à tout prix un mouvement de protestation, une rage devant le manque de considération qui grandit depuis des années.

Ces ordres sont tout simplement incohérents au regard des trafics en constante progression et dans un contexte sécuritaire mondial. Les mesures gouvernementales de lever les dispositifs de contrôle mis en place par les douaniers relèvent ainsi de l’irresponsabilité. Et cela démontre, s’il le fallait encore, la mainmise de quelques grands opérateurs sur les décisions et les choix portés par nos politiques.

La sécurité du territoire serait donc un enjeu mineur et la lutte contre tous les trafics, notamment les stupéfiants, du domaine de l’accessoire.

Ce mouvement aura mis en avant une réalité sur laquelle le gouvernement ne souhaite pas communiquer : la différence entre le travail prescrit et le travail réel. Tant que nos collègues prennent sur eux, sous leur responsabilité, d’adapter des procédures qui sont par nature contraignantes, tout va bien, la fluidité est assurée. Mais dès lors que l’on respecte scrupuleusement des procédures écrites et réglementaires la machine se grippe et les courageux donneurs d’ordres sont bien incapables de prendre sous leur responsabilité de les modifier.

Le gouvernement entend museler la colère douanière – comme il le fait pour l’ensemble des mouvements sociaux depuis plusieurs mois – en empêchant nos collègues de remplir leurs missions au service de la collectivité, mettant celle-ci en danger. Il ferait mieux de prendre en compte les revendications légitimes des douaniers tant en matière de moyens, de conditions de travail, de salaire et d’emplois.

La CGT dénonce également les pressions incessantes, les chantages à l’emploi et les menaces qui sont le lot quotidien de nos collègues en action.

Le constat est tragique, le dialogue social est rompu à la DGDDI depuis fort longtemps et cela, en dépit des nombreuses réunions institutionnelles qui ne débouchent jamais sur rien de constructif et de partagé.

Il est indispensable que le dialogue soit ré-ouvert, sans quoi les dégâts que provoquera ce conflit seront durables et difficilement réparables.















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