32h00 : il faut relancer le débat public

lundi 1er août 2016

Par une décision inédite et discrétionnaire, la direction de l’IGAS a décidé de censurer un rapport fouillé, documenté et argumenté sur la réduction du temps de travail.

Ce rapport dérange le pouvoir parce qu’il prend le contrepied de la politique du gouvernement et du Medef, et de la loi Travail. Il confirme que les 35 h ont permis de créer 350 000 emplois directs, sans compter ceux liés au temps libéré et aux loisirs.

Ce rapport tord le cou à certaines idées reçues. Il démontre notamment que le temps de travail a baissé partout en Europe, et va continuer à baisser du fait des gains de productivité liés à la révolution numérique.

Enfin, ce rapport fait des propositions, proches pour certaines de celles de la CGT, et notamment :

la mise en place d’une réduction du temps de travail à 32 h, au volontariat, financée par le redéploiement de 3 % du pacte de responsabilité (1 milliard d’euros) ;

• une mesure de réduction du temps de travail spécifique pour les cadres, avec un encadrement des forfaits jours de façon à ce que le temps de travail ne puisse pas dépasser 44 h hebdomadaires (40 % travaillent plus de 49 h !) ;

• des propositions pour lutter contre les temps partiels de moins de 80 % du temps plein, pour lutter contre les inégalités femmes/hommes ;

• une politique de réduction du temps de travail sur la vie entière, avec le renforcement des dispositifs de préretraite à 60 ans, des congés spécifiques pour personnes âgés dépendantes et du Compte personnel d’activité par exemple.

Un bémol : en occultant la question du coût du capital et du partage des richesses, le rapport part du postulat que pour être efficace, la réduction du temps de travail ne doit pas entraîner d’augmentation du « coût du travail », et doit être compensée par des exonérations de cotisations et des mesures de flexibilité interne. Pour la CGT, la réduction du temps de travail est non seulement un outil de création d’emploi, mais aussi un levier pour redistribuer les richesses du capital vers le travail. Elle doit donc être financée de façon différenciée en fonction de la taille de l’entreprise et de la part des dividendes dans la valeur ajoutée.

Le redéploiement du pacte de responsabilité (40 milliards d’euros par an), dont l’inefficacité en matière de création d’emplois est maintenant démontrée, suffirait largement à financer la mise en place des 32 h sans surcoût pour les entreprises !

Sophie Binet,
Secrétaire générale-adjointe de l’Ugict,
Membre de la Commission exécutive confédérale















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