4 organisations syndicales Fonction Publique 44 interpellent le préfet
Monsieur le Préfet de Loire-Atlantique,
Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires de Loire-Atlantique de la Fonction Publique souhaitent vous alerter sur la situation toujours plus préoccupante des fonctionnaires et agents publics. En effet, au regard de la politique austéritaire du gouvernement qui se traduit par des suppressions massives d’emplois, le renforcement de la précarité, l’augmentation constante de la contractualisation, la vacance de postes, les fonctionnaires et les agent·es publics sont méprisé·es et dans l’incapacité de mener à bien leurs missions.
Le décrochage salarial dû au gel du point d’indice est aussi un élément de la perte du pouvoir d’achat et du manque d’attractivité de la Fonction Publique car les rémunérations sont supérieures dans le secteur privé.
Les entrées de grilles sont devenues totalement obsolètes et l’évolution de carrière ne permet pas un réel rattrapage au regard de l’inflation que subissent l’ensemble des travailleur·euses depuis plus de 20 ans et appelle une réponse urgente. La hausse automatique du SMIC avec l’inflation qui dépasse les 2% renforce encore le tassement des grilles : les grilles basculent sous le SMIC jusqu’à l’indice 379 et près d’un million d’agents vont percevoir l’indemnité différentielle. C’est une remise en cause profonde de la notion de carrière dans la fonction publique pour les catégories C mais progressivement aussi pour les catégories B. Ça ne peut plus durer !
Le malaise grandissant est dû aussi aux services publics fermés dans de nombreuses communes, aux missions externalisées voire privatisées. Les conséquences sont dramatiques pour les fonctionnaires mais aussi pour la population : fermeture de classes, de lits à l’hôpital, de trésoreries, obligation de se déplacer loin de son domicile, inégalités territoriales, formations professionnelles existantes uniquement dans l’enseignement privé, dématérialisation des services publics et renforcement de la métropolisation au détriment des campagnes.
Sans parler du système de la "Protection de l’enfance" qui craque : drogue, prostitution, absence de soins pour les mineur·es, placements non exécutés... ni de l’abandon dans lequel se retrouvent beaucoup de nos aîné·es en EHPAD. L’État ne joue plus son rôle de facilitateur et ne respecte plus l’égalité entre les citoyen·nes.
La disparition progressive des fonctionnaires, des agent·es publics et de leurs missions équivaut à un renoncement de l’État à porter un véritable projet politique fondé sur les piliers républicains que sont la culture, le soin, l’éducation et la justice. Nous ne pouvons qu’être inquiète·es quand Sébastien Lecornu déclare que les 6 milliards d’euros de déficit supplémentaires dus à l’attaque de l’Iran par Israël et les États Unis seront compensés par de nouvelles économies.
Nous ne sommes pas dupes qu’une fois encore, les fonctionnaires et les agent·es publics vont servir de variable d’ajustement au déficit budgétaire. Et ce alors que la loi de finance 2026 axée principalement vers des dépenses militaires a déjà fait empirer la situation de la Fonction Publique.
Nos interrogations quant au devenir de la Fonction Publique sont légitimes. Le désarroi est inacceptable. La pauvreté des propositions issues de la circulaire Amiel du 15 mai 2026 en sont la preuve. L’indemnité carburant de 50 euros n’est qu’un léger coup de pouce bien en deçà des besoins et du nombre d’agent·es concerné·es. Nous revendiquons une augmentation du point d’indice au minimum à hauteur de l’inflation et
un rattrapage significatif (10% minimum immédiatement).
Et pourtant, nous avons toujours le soutien de la population qui voit dans les services publics une chance.
Leur démantèlement organisé est inacceptable et accroît les risques pour la population comme on peut le constater à l’hôpital avec l’absence de réponses aux problèmes en psychiatrie ou aux urgences, à l’École avec les incidents survenus à Ancenis, à Nantes, à Ste Luce sur Loire, entre autres. Au quotidien, la désaffection de l’État produit toujours plus de violence dans les services et les établissements.
A tous ces constats, nous attendons, Monsieur le Préfet de Loire-Atlantique, des réponses de votre part. Nous nous tenons à votre disposition pour en parler.





