vendredi 8 mai 2026

Répression ou éducation ? Lettre au préfet de Loire Atlantique

vendredi 17 avril 2026

Monsieur le Préfet,

Les Unions syndicales départementales CGT 44 et Solidaires 44, souhaitent vous interpeller conjointement et solennellement à la suite des faits graves survenus le 9 avril 2026 dans le quartier de la Harlière à Nantes, ainsi que d’autres événements récents rapportés tant par les organisations syndicales que par la presse locale.

Selon le communiqué publié par les syndicats SUD Santé Sociaux 44 et CGT ADPS 44 , des éducateurs et éducatrices intervenant dans le cadre d’une mission de prévention spécialisée, accompagnés de jeunes dont certains âgés de 10 ans, ont été exposés à une intervention policière d’une violence particulièrement préoccupante. L’usage répété de gaz lacrymogènes à proximité immédiate d’un groupe d’enfants, ainsi que la mise en joue d’un professionnel avec un LBD, constituent des faits d’une gravité exceptionnelle.

Ces éléments ne sauraient être considérés comme isolés. Les témoignages concordants recueillis par les organisations syndicales font état d’une multiplication des interventions violentes, de pratiques de contrôle discriminatoires, de propos racistes, ainsi que de comportements d’intimidation à l’égard tant des jeunes que des professionnels exerçant des missions de service public.

Nous sommes également particulièrement préoccupées par les écarts manifestes entre les récits des témoins directs et les versions relayées dans certains articles de presse, qui tendent à légitimer a posteriori des interventions pourtant contestées sur le terrain. Cette situation interroge sur les conditions de production de l’information et sur la transparence des faits.

Dans ce contexte, plusieurs questions appellent des réponses claires de la part des services de l’État que vous représentez :

  • Quelles sont les consignes données aux forces de l’ordre concernant les interventions en présence de mineurs et de professionnels du secteur social ?
  • Comment sont encadrées les pratiques d’usage de la force, notamment en matière de recours aux armes intermédiaires (LBD, grenades lacrymogènes) ?
  • Quelles suites sont données aux signalements de comportements racistes, discriminatoires ou disproportionnés ?
  • Quels dispositifs de contrôle et d’évaluation des pratiques policières sont actuellement en place en Loire-Atlantique ?
  • Enfin, comment l’État entend-il garantir les conditions d’exercice des missions de prévention spécialisée, qui relèvent pourtant de l’intérêt général ?

Au-delà de ces interrogations, nous souhaitons attirer votre attention sur une dérive préoccupante : le remplacement progressif de réponses éducatives et sociales par des logiques exclusivement répressives, dans un contexte de baisse des moyens alloués à l’accompagnement de la jeunesse. Cette orientation nous semble non seulement inefficace, mais dangereuse pour la cohésion sociale.

Face à la gravité des faits et à leur répétition, nous vous demandons de nous transmettre vos éléments d’analyse concernant les évènements évoqués.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en notre attachement au respect des principes démocratiques, à la protection des populations et à la dignité des missions de service public.

Pour l’Union syndicale Solidaires 44
Peyrache Mathilde secrétaire départementale

Pour l’Union départementale CGT 44
Lherbier Ronan, secrétaire général.














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