Educateurs de rue de Loire Atlantique, Sophie BINET interpelle le président du Conseil Départemental
Monsieur le Président,
J’ai eu l’occasion, le 21 janvier dernier, de venir soutenir les éducateurs et éducatrices de l’ADPS en grève depuis 2 mois. Constatant que malgré cette mobilisation inédite, aucune négociation sérieuse ne s’est toujours déroulée, je me permets de vous interpeller par courrier pour qu’une solution soit trouvée au plus vite.
La collectivité que vous dirigez a fait le choix depuis plusieurs années de mener une politique de prévention appuyée par l’action d’éducateurs et éducatrices spécialisées sur des quartiers dits « prioritaires » des villes de St Nazaire, Nantes, St Herblain, Rezé, et Orvault, au titre de la compétence de « promotion des solidarités et de la cohésion territoriale » des départements.
Depuis 2012, vous assumez cette compétence par délégation à un Groupement d’Intérêt Public administré et financé principalement par la collectivité que vous dirigez et les 5 communes sur lesquelles interviennent les éducateurs et éducatrices. Vous jouez donc un rôle central et décisionnel dans les choix de l’ADPS. D’ailleurs comme vous le savez, la délégation ne désengage jamais la responsabilité sociale du donneur d’ordre.
La lutte menée par les salarié·es en réponse à une attaque brutale de leur temps de travail, dans un contexte de sous rémunération en comparaison aux autres emplois d’éducateurs du département, dure depuis plus de deux mois. Du fait de leur statut, les contractuel·les du GIP sont en dehors de toutes les garanties collectives : ils et elles ne sont affiliés à aucune convention collective et ne sont pas non plus fonctionnaires territoriaux ce qui les privent du statut de la fonction publique et de l’accès à la grille de rémunération (pourtant très faible) des fonctionnaires.
Demander à des salarié·es rémunéré·es plusieurs centaines d’euros de moins chaque mois que les éducateurs intégrés à votre collectivité, de travailler 4 semaines de plus est donc totalement inacceptable !
Non seulement aucune négociation sérieuse ne s’est déroulée mais les décisions de l’AG du GIP du 21 janvier démontrent une volonté de pourrissement du mouvement en jouant la montre, incitant même à casser la grève sans la moindre avancée sur leurs revendications.
Cette réponse est une faute inexcusable et nous nous inquiétons fortement de ce positionnement politique qui méprise à la fois les salarié·es en lutte et les populations privées des actions menées par ces travailleur·ses.
Aujourd’hui, les décisions de la direction de l’ADPS ont des conséquences délétères dans l’accompagnement des jeunes et des habitants des quartiers concernés.
Il y a urgence à ouvrir enfin un véritable dialogue. Pour cela, il faut suspendre la réforme de leur temps de travail et ouvrir de réelles négociations sur la rémunération et le temps de travail des éducateurs et éducatrices.
Le département occupe une place prépondérante au sein de la gouvernance de l’ADPS. Vous avez donc entre les mains les clés de la sortie de crise. Nous vous demandons solennellement de prendre la mesure de la lutte des salarié·es, des enjeux de l’action des éducateurs et éducatrices de rue pour les populations, d’assumer vos responsabilités et de prendre toutes les décisions qui puissent permettre une issue négociée à cette mobilisation inédite et assurant la reconnaissance des agents de l’ADPS, de leurs salaires, de leur temps de travail, et du service public de prévention spécialisée.
Convaincue que votre attachement à la démocratie sociale, se traduira par des actes forts, je vous prie d’agréer
l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Sophie BINET
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