Pas de pitié pour les vieux (et les jeunes !)

dimanche 5 avril 2015

Sous ce titre provocateur, revenons à travers l’exemple de "Marie" sur les conséquences de certaines mesures fiscales.

"Marie" a 85 ans, elle vit seule, propriétaire d’un appartement de 49 m². Pas tout à fait pauvre, mais pas vraiment classe moyenne non plus, elle touche une pension de 1 246 € par mois. Veuve, ayant élevé des enfants, elle bénéficiait jusqu’à l’année dernière d’une demie part supplémentaire. Dispositif abrogé par Sarkozy mais sans remise en cause par Hollande.

Le collectif retraité-es CGT Finances 44 a averti plusieurs fois les parlementaires locaux sur les conséquences sociales de cette suppression de la demie part.

En vain.

Donc, Marie était non imposable à l’Impôt sur le revenu en 2014 (revenus de retraites perçus en 2013) et restera non imposable en 2015. Cela confirme que l’Impôt sur le Revenu, bien qu’accusé de tous les maux, ne constitue pas le plus important du montant des prélèvements obligatoires.

Par contre, elle ne payait pas la TH (Taxe d’Habitation), ni la TF (taxe foncière) en 2014. L’exonération 2014 était provisoire et est limitée à cette année. "Marie" devrait la payer en 2015 sauf nouvelle décision à faire prendre par les assemblées.

En parallèle, les caisses de retraite CRAV et les complémentaires envoient actuellement des courriers pour annoncer l’alignement du taux de CSG sur les pensions sur le taux touchant les actifs. Soit 7 % au lieu de 3 % jusqu’alors.

Ainsi, pour l’année 2015, indépendamment de la TH et TF à venir au 4ème trimestre 2015, le prélèvement annuel au titre de la CSG/CRDS sur les retraites versées sera de 643€, et plus de 1200 € de TH et TF…

Ainsi l’austérité s’applique aussi aux retraité-es, dans un silence assourdissant.

Pour aller plus loin, on peut à juste titre dire que la demi part pour les veufs et divorcé-es était une « niche fiscale ».

Il est vrai que dans notre exemple, « Marie » tout en voyant son niveau de vie fortement abaissé, ne relève pas des 10 % de retraité-es sous le seuil de pauvreté (mais s’en rapprochant à grand pas).

Nous pouvons au passage souligner que la situation des jeunes salarié-es et/ou précaires est bien souvent plus difficile : salaires faibles, prix des loyers exorbitants, frais de déplacement,…

Il ne s’agit pas d’opposer jeunes et vieux, actifs et retraités, classes populaires et classes moyennes. Il s’agit de démontrer qu’au cas particulier, loin des discours ronflant sur la « silver économie », les retraité-es voient leur niveau de vie diminué.

A la CGT, nous sommes contre le nivellement par le bas. Faut-il le rappeler ?

Pour la CGT, l’enjeu est bien de faire converger les sujets, car l’austérité, la crise touche tout le monde !

Avec la difficulté particulière d’être présent aux côtés des salarié-es fragilisé-es de par leur statut, auprès des jeunes justement et auprès de cette catégorie de précaires difficilement atteignable hormis par les réseaux familiaux ou connaissances.

Un défi que relèvera la CGT.

En commençant par la mobilisation du 09 avril !















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